Une nouvelle controverse secoue le secteur aérien haïtien. Selon une enquête relayée par le média Satellite509, la compagnie Sunrise Airways aurait consolidé sa position dominante dans un contexte marqué par l’insécurité, avec le soutien des autorités.
Au cœur des accusations : un schéma répétitif où les crises sécuritaires coïncident avec des phases de retrait puis de retour stratégique de la compagnie, dans un marché vidé de ses concurrents.
Un marché façonné par le chaos
Tout commence en 2024, après l’attaque contre l’Aéroport international Toussaint Louverture. Alors que les vols sont suspendus et que les grandes compagnies se retirent, Sunrise Airways réapparaît progressivement, seule ou presque, sur un marché fragilisé.
Selon les éléments avancés par Satellite509, la compagnie aurait bénéficié d’un appui financier de l’État estimé à environ 11 millions de dollars — une somme confirmée, soulèverait de sérieuses questions sur l’utilisation des fonds publics.
L’enquête évoque également une proximité troublante avec le pouvoir exécutif, citant le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Le média suggère une forme de complicité permettant à la compagnie de maintenir sa position dominante.
Ces allégations, graves, interviennent dans un contexte où la gouvernance économique du pays est déjà largement contestée.
Un schéma qui se répète
À chaque tentative de reprise du trafic aérien, le même scénario semble se reproduire : montée de la violence, retrait des compagnies, suspension des vols, puis retour progressif de Sunrise Airways dans un marché affaibli.
Le dernier épisode en date, en avril 2026, n’échappe pas à cette logique. Alors qu’une reprise des vols vers la République dominicaine était annoncée pour le 1er mai, une nouvelle attaque contre l’aéroport a perturbé le processus. Le 20 avril, Sunrise suspend ses vols, pendant que la concurrence recule.
Les passagers en première ligne
Dans ce climat, les usagers paient le prix fort : billets coûteux, choix limités, qualité de service régulièrement critiquée. L’absence de concurrence réelle renforce un sentiment d’abandon chez de nombreux voyageurs.
Un silence qui alimente les soupçons
Face à ces accusations, aucune réponse officielle détaillée n’a été apportée par les autorités ou par la compagnie. Ce silence, dans un contexte aussi sensible, ne fait qu’alimenter les interrogations.
Car au-delà des chiffres et des déclarations, une question persiste : comment expliquer qu’au cœur d’une crise aussi profonde, une seule compagnie parvienne systématiquement à tirer son épingle du jeu ?



