Oscar Belgal, un ressortissant dominicain de 28 ans, a reçu une balle dans le cou lors d’une intervention d’agents de l’immigration américaine (ICE) dans le Bronx, à New York, dans l’après-midi du jeudi 8 octobre 2026. Son fils de cinq ans se trouvait dans le véhicule au moment des faits. L’incident a suscité une vive indignation, notamment de la part du maire de New York, Zohran Mamdani, qui a dénoncé les méthodes de l’administration Trump dans le cadre de sa politique migratoire.
Selon les autorités américaines, les agents tentaient d’arrêter Oscar Belgal, présenté comme un migrant en situation irrégulière ayant un casier judiciaire. Toutefois, cette version ne dissipe pas les questions soulevées par la fusillade, d’autant plus qu’un enfant de cinq ans se trouvait dans la voiture. Cette affaire rappelle brutalement que les migrants peuvent être exposés à des interventions qui bouleversent leur vie en quelques secondes, quel que soit leur pays d’origine.
Le sort d’Oscar Belgal devrait également interpeller la République dominicaine. Depuis des années, les migrants haïtiens dénoncent les arrestations brutales, les expulsions, les humiliations et les séparations familiales auxquelles ils sont confrontés sur le territoire dominicain. Des hommes et des femmes qui travaillent pour nourrir leurs enfants sont parfois arrêtés lors d’opérations migratoires, tandis que des familles vivent dans la crainte d’être séparées du jour au lendemain.
Lorsque les Haïtiens dénoncent ces traitements en République dominicaine, leurs plaintes ne suscitent pas toujours la même indignation. Or, aujourd’hui, un Dominicain a été blessé par balle lors d’une opération migratoire aux États-Unis, alors que son jeune fils se trouvait à proximité. Cette situation devrait inciter les autorités et la société dominicaines à réfléchir à la manière dont les migrants haïtiens sont traités chez eux. La souffrance d’un Dominicain aux États-Unis ne saurait être jugée plus importante que celle d’un Haïtien en République dominicaine.
Il ne s’agit pas d’affirmer que les deux situations sont identiques, ni de justifier la violence commise à l’encontre de quiconque. Il s’agit de rappeler une vérité élémentaire : les droits humains ne varient pas selon la nationalité. Si les Dominicains exigent que les circonstances de la fusillade visant Oscar Belgal soient éclaircies, ils devraient également comprendre les revendications des Haïtiens qui réclament justice après des abus commis lors d’opérations migratoires en République dominicaine.
Les autorités dominicaines doivent faire face à cette réalité,un migrant haïtien qui franchit la frontière pour travailler, nourrir ses enfants et chercher une vie meilleure n’a pas moins de valeur qu’un Dominicain qui part pour les États-Unis dans l’espoir d’un avenir plus sûr. L’absence de papiers en règle ne doit jamais servir de prétexte à l’humiliation, à la brutalité ou au mépris des droits fondamentaux.
L’affaire Oscar Belgal devrait donc servir de signal d’alarme. Les Dominicains qui dénoncent aujourd’hui les méthodes de l’ICE doivent aussi entendre les cris des Haïtiens qui dénoncent depuis longtemps les abus qu’ils subissent sur leur sol, on ne peut défendre la dignité humaine uniquement lorsque la victime appartient à son propre peuple.
Une nation ne peut exiger le respect de ses citoyens à l’étranger tout en restant indifférente à la souffrance des étrangers sur son propre territoire. Les Haïtiens ne sont pas inférieurs aux Dominicains, pas plus que les Dominicains ne sont inférieurs aux Américains. La nationalité change, mais la douleur d’un parent séparé de son enfant reste la même. La justice doit avoir la même valeur pour tous.


