Le dossier de l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse continue de révéler des aspects troublants, notamment sur les tentatives présumées de manipulation de l’opinion publique après les faits. Lors de son témoignage devant un tribunal américain, Rodolphe Jaar a évoqué une mission qui lui aurait été confiée dans les heures suivant l’attaque.
Selon ses déclarations, deux individus identifiés comme Walter Veintemilla Pretel et Germán Rivera lui auraient demandé de contacter des médias internationaux afin de diffuser une version alternative des événements.
Une tentative présumée de brouiller les pistes
D’après le témoignage de Rodolphe Jaar, il lui aurait été suggéré de faire circuler un message affirmant que les membres du commando colombien n’avaient pas assassiné le président, mais qu’ils l’auraient trouvé déjà mort à leur arrivée dans la résidence.
Une version qui, si elle avait été relayée, aurait profondément modifié la perception initiale des faits et potentiellement influencé l’enquête.
Un refus assumé
Toujours selon ses propos, Rodolphe Jaar a déclaré avoir catégoriquement refusé cette demande. Il aurait expliqué ne pas vouloir participer à la diffusion d’une information qu’il considérait comme fausse.
« Il ne peut pas en faire toute une histoire parce qu’il sait que c’était un mensonge », aurait-il affirmé devant la cour, en évoquant sa réponse aux personnes qui lui auraient confié cette mission.
Une affaire aux multiples zones d’ombre
Ces nouvelles déclarations viennent s’ajouter à une série de témoignages qui mettent en évidence non seulement la préparation de l’attaque, mais aussi les actions entreprises après l’assassinat, notamment en matière de communication et de gestion de l’information.
Elles renforcent l’idée d’un dossier complexe, dans lequel plusieurs acteurs auraient joué des rôles distincts, tant dans l’exécution que dans la tentative de contrôle du récit entourant la mort du président.
Une vérité encore fragmentée
Près de cinq ans après les faits, les audiences devant la justice américaine continuent de faire émerger des éléments nouveaux, sans pour autant permettre d’établir une version pleinement consolidée des événements.
Entre aveux, contradictions et révélations progressives, l’affaire de l’assassinat de Jovenel Moïse reste marquée par une quête de vérité encore inachevée, dans un climat où chaque déclaration apporte son lot de questions.



