Miami, 2026 — Le procès en cours aux États-Unis autour de l’assassinat de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse met en évidence de sérieuses failles dans la conduite de l’enquête initiale en Haïti. À travers les témoignages et éléments présentés devant la justice américaine, plusieurs zones d’ombre émergent, notamment sur la gestion des preuves par la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ).
L’un des points les plus troublants concerne le téléphone d’un suspect clé, Rivera. Selon les analyses du Federal Bureau of Investigation (FBI), l’appareil aurait été entièrement réinitialisé alors même que l’accusé se trouvait déjà en détention en Haïti. Une révélation qui soulève de sérieuses interrogations sur la chaîne de conservation des preuves et sur les conditions dans lesquelles ce matériel sensible a été manipulé.
Pour de nombreux observateurs, ces éléments traduisent des défaillances majeures, voire des négligences, dans le traitement d’un dossier pourtant crucial. Certains n’excluent pas la possibilité de responsabilités internes dans la disparition ou l’altération de preuves, dans un contexte particulièrement sensible sur les plans politique et judiciaire.
L’assassinat de Jovenel Moïse, survenu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 à sa résidence privée de Pèlerin 5, avait déjà été marqué par des lenteurs et des irrégularités. Selon plusieurs sources, le dossier aurait été conservé pendant plus de trois mois par la DCPJ et le commissaire du gouvernement en poste à l’époque, avant d’être transmis à un juge d’instruction, en contradiction avec les délais légaux normalement requis.
Dans ce contexte, le nom de Pierre Espérance refait surface dans le débat public. Longtemps perçu comme un observateur attentif et parfois favorable à certaines actions de la DCPJ, ses prises de position passées sont aujourd’hui réexaminées à la lumière des nouvelles révélations issues du procès.
Au-delà des responsabilités individuelles dans cet assassinat, le procès de Miami agit comme un révélateur des limites structurelles du système judiciaire et policier haïtien. Il met en lumière des problèmes persistants de gestion, de transparence et de rigueur, dans un pays où la confiance envers les institutions reste fragile.
Ces nouvelles révélations pourraient accentuer la pression en faveur de réformes profondes, alors qu’une partie de l’opinion publique réclame vérité, justice et reddition de comptes à tous les niveaux de l’État.


