Port-au-Prince, le 18 juin 2026 — Le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC) a publié, ce jeudi 18 juin 2026, une note de dénonciation dans laquelle il demande l’ouverture d’une enquête approfondie sur la gestion de Lovely François, directrice générale de l’Office National d’Assurance-Vieillesse (ONA).
Dans ce document, l’organisation affirme avoir été alertée par plusieurs informations faisant état de présumés cas de mauvaise gestion, de favoritisme et d’utilisation contestée de fonds publics au sein de l’institution. Le RHAJAC estime que ces allégations méritent d’être examinées par les organismes de contrôle compétents afin de faire toute la lumière sur les faits évoqués.
L’un des points soulevés concerne une activité organisée à l’occasion de la Fête des Mères en mai 2026. Selon les informations relayées par l’organisation, un décaissement de 14 millions de gourdes aurait été effectué dans le cadre de cet événement. Le RHAJAC affirme que des interrogations subsistent quant à l’utilisation réelle de ces fonds et demande que des vérifications indépendantes soient réalisées.
L’organisation évoque également des accusations selon lesquelles une partie de ces ressources aurait été utilisée à des fins politiques. À ce stade, aucune preuve officielle n’a été rendue publique par les autorités compétentes et aucune conclusion judiciaire n’a été annoncée concernant ces allégations.
Le RHAJAC souligne que ces accusations interviennent dans un contexte politique marqué par de nombreuses tensions liées à la transition en cours et aux débats entourant l’organisation des élections. Selon le réseau, les circonstances exigent une transparence accrue dans la gestion des institutions publiques afin d’éviter toute suspicion d’utilisation partisane des ressources de l’État.
Dans sa note, l’organisation appelle l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) ainsi que les autres instances compétentes à procéder à des vérifications sur les contrats, les marchés publics et les décaissements effectués depuis l’entrée en fonction de la directrice générale de l’ONA.
Le réseau demande également l’adoption de mesures conservatoires destinées à préserver l’intégrité de toute éventuelle enquête et à garantir l’accès aux documents administratifs nécessaires aux vérifications.
Le RHAJAC rappelle que les fonds gérés par l’ONA proviennent principalement des cotisations des travailleurs haïtiens et des contributions destinées à la protection sociale des assurés. À ce titre, l’organisation estime que leur utilisation doit répondre aux principes de transparence, de responsabilité et de reddition de comptes.
Jusqu’à présent, ni la direction générale de l’ONA ni les institutions citées dans la note n’ont publié de réaction officielle aux accusations formulées par le réseau.
Alors que les demandes d’explications se multiplient, plusieurs observateurs estiment qu’une clarification rapide des autorités concernées pourrait contribuer à dissiper les doutes et à renforcer la confiance du public dans la gestion des ressources publiques.


