Dans un discours prononcé ce mercredi 2 septembre 2026, Dominique Dupuy a délivré un message qui dépasse le simple cadre du discours politique. Par des mots visant à toucher la conscience collective, elle a rappelé une réalité que vivent au quotidien de nombreux Haïtiens : l’exil, la précarité et le sentiment d’être étrangers sur leur propre terre ne sauraient constituer le destin de tout un peuple.
« La vie doit être possible ici. Nous sommes la première nation noire libre au monde », a-t-elle déclaré, évoquant l’histoire singulière d’Haïti et le sacrifice de ceux qui ont lutté pour briser les chaînes de l’esclavage et conquérir l’indépendance.
Pour Dominique Dupuy, cette liberté ne peut rester confinée aux livres d’histoire ; elle doit aussi se traduire dans le quotidien. « Nous ne sommes pas faits pour vivre avec des chaînes électroniques , nous ne sommes pas faits pour vivre à genoux », a-t-elle lancé, une formule qui résonne particulièrement dans un pays confronté à l’insécurité, à la pauvreté et aux déplacements massifs de population.
Son discours s’attaque également à une autre forme de résignation : l’idée que les Haïtiens seraient condamnés à travailler pour bâtir la richesse d’autrui tout en délaissant leur propre terre. « Nous ne sommes pas faits uniquement pour travailler dans les champs de canne et sur les chantiers, pour bâtir les belles demeures de nos voisins », a-t-elle affirmé.
Ces mots constituent une invitation à changer le regard porté sur Haïti. Malgré ses crises et ses difficultés, le pays possède une terre, une histoire et des ressources humaines capables, selon elle, de nourrir un autre projet collectif. « La terre est à nous, elle nous appelle à revenir pour servir », a-t-elle martelé.
Le message de Dominique Dupuy prend ainsi la forme d’un appel à la responsabilité. Il ne s’agit pas simplement de demander aux Haïtiens de rester au pays ou d’y revenir. Encore faut-il créer les conditions rendant cette décision possible : sécurité, emploi, éducation, justice, dignité et perspectives pour la jeunesse.
Car demander à un peuple de rester chez lui sans lui garantir la possibilité de vivre dignement reviendrait à le condamner à nouveau. La véritable question n’est pas seulement de savoir pourquoi les Haïtiens partent, mais pourquoi leur propre pays n’a pas encore réussi à leur offrir des raisons de rester.
En rappelant qu’Haïti fut la première nation noire indépendante au monde, Dominique Dupuy place une idée essentielle au cœur du débat : l’indépendance ne doit pas être qu’un glorieux souvenir, elle doit aussi être une responsabilité quotidienne.
Son intervention s’apparente ainsi à un rappel à la conscience nationale : un peuple ayant conquis cette liberté au prix du sang ne saurait accepter de vivre éternellement dans la peur, l’humiliation ou la dépendance. Haïti doit redevenir un lieu où il est possible de vivre, où travailler utilement et rester au pays ne relève pas de l’acte de courage, mais relève tout simplement de l’évidence.



