Haïti figure toujours sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), où le pays a été placé en juin 2021. Dans sa dernière mise à jour publiée le 19 juin 2026, l’organisation maintient Haïti parmi les 22 juridictions soumises à une surveillance renforcée en raison de leurs lacunes dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Cette liste inclut également des pays comme la Syrie et le Yémen.
Le placement sur la liste grise ne signifie pas qu’Haïti est automatiquement considéré comme un pays à haut risque ou inscrit sur la liste noire. Le GAFI explique plutôt qu’une juridiction sous surveillance renforcée s’engage à corriger rapidement les failles identifiées dans son système. Or, dans le cas d’Haïti, le problème est que les autorités ont déjà épuisé les délais qui leur avaient été accordés sans parvenir à mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires pour sortir de cette situation.
Le GAFI reconnaît certes certains progrès réalisés par Haïti, mais les juge insuffisants. L’organisation demande spécifiquement aux autorités de renforcer les enquêtes sur le blanchiment d’argent, de mieux surveiller les flux de fonds issus d’activités criminelles et, surtout, de veiller à ce que les personnes impliquées soient effectivement poursuivies et traduites en justice.
Au-delà de ces exigences, la question reste très simple : où va l’argent en Haïti et pourquoi ceux qui le manipulent échappent-ils encore si facilement à la justice ? Depuis des années, les autorités annoncent des mesures, adoptent des dispositions et promettent de renforcer les institutions chargées de lutter contre la corruption et le blanchiment d’argent. Mais sur le terrain, les résultats escomptés tardent à se faire sentir.
Pour le GAFI, Haïti doit désormais dépasser le stade des déclarations et démontrer des résultats concrets. Il ne suffit pas de promettre des réformes ou de modifier les lois. Il est nécessaire d’enquêter, d’identifier les circuits financiers suspects, de poursuivre les responsables, de saisir les avoirs issus d’activités criminelles et d’obtenir des condamnations lorsque les faits sont établis.
Le maintien d’Haïti sur cette liste depuis 2021 démontre que le problème est loin d’être résolu. Pour un pays déjà en proie à une profonde crise institutionnelle et économique, cette situation constitue un handicap majeur. Pour espérer sortir de la liste grise, les autorités devront convaincre par leurs actions et leurs résultats. Car, cette fois, le GAFI ne se contente pas de promesses , il exige que les responsables du blanchiment d’argent soient activement recherchés et traduits en justice.



