L’insécurité continue de franchir de nouvelles limites en Haïti. Après le kidnapping de James Boyard, directeur de cabinet du ministre de la Défense Mario Andrésol en juin dernier, c’est désormais Écclésiaste Télémaque, directeur de cabinet du ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Vijonet Déméro, qui est tombé entre les mains d’hommes lourdement armés.
Selon les informations disponibles, Écclésiaste Télémaque a été enlevé le jeudi 23 juillet à Delmas 31. Depuis, sa famille, ses collègues et ses proches vivent dans l’angoisse, tandis qu’aucune avancée majeure n’a été annoncée sur une éventuelle opération visant à le retrouver.
Ce nouveau rapt ne constitue pas un simple fait divers. Il traduit l’ampleur d’une crise sécuritaire qui semble désormais atteindre les plus hauts échelons de l’administration publique. En quelques semaines, deux directeurs de cabinet de ministres ont été kidnappés dans la région métropolitaine, sans que cela ne provoque un véritable changement dans la stratégie de lutte contre les groupes armés.
Cette situation alimente de nombreuses interrogations sur la capacité de la Police nationale d’Haïti à reprendre le contrôle du terrain. Malgré les véhicules blindés, les équipements spécialisés, les drones, les unités d’élite et l’appui logistique dont dispose aujourd’hui l’institution, les groupes criminels continuent de circuler, d’enlever et de terroriser la population avec une facilité déconcertante.
Le directeur général de la PNH, André Jonas Vladimir Paraison, est de plus en plus interpellé par une opinion publique qui peine à comprendre pourquoi des moyens aussi importants ne produisent pas les résultats attendus. Beaucoup estiment que la population continue de payer le prix d’une stratégie sécuritaire qui tarde à démontrer son efficacité face à des gangs qui multiplient les attaques et semblent conserver l’initiative.
Au-delà du cas d’Écclésiaste Télémaque, c’est toute la crédibilité de l’État qui est mise à rude épreuve. Lorsqu’un proche collaborateur d’un ministre peut être enlevé en pleine capitale, nombreux sont ceux qui se demandent quel niveau de protection peut encore espérer le citoyen ordinaire.
Pendant que les familles des victimes vivent dans l’attente et la peur, les Haïtiens réclament des actions concrètes plutôt que des promesses. Car chaque nouvel enlèvement renforce le sentiment que les groupes armés imposent leur loi, tandis que les institutions chargées d’assurer la sécurité peinent encore à inverser le rapport de force.



