En janvier 2021, les autorités éducatives avaient présenté la reconstruction du lycée Jean-Marie de Lamennais comme un projet phare pour le Nord-Ouest. La pose de la première pierre, présidée par le ministre de l’Éducation nationale de l’époque, Pierre Josué Agénor Cadet, s’était déroulée en grande pompe. Le chantier, entièrement financé par le Fonds national de l’Éducation (FNE), devait être achevé en seulement treize mois pour un coût annoncé d’environ 151 millions de gourdes.
Le projet promettait un établissement moderne répondant aux normes parasismiques et paracycloniques : vingt-et-une salles de classe, une bibliothèque, une salle informatique, un auditorium, des terrains de sport, des blocs sanitaires, des locaux administratifs et un logement pour le gardien. Un investissement présenté comme un pas important vers l’amélioration de l’accès à l’éducation dans cette commune du Nord-Ouest.
Pourtant, plus de cinq ans après le lancement officiel des travaux, le constat dressé par de nombreux habitants est amer. Le chantier est aujourd’hui pratiquement à l’arrêt, loin des ambitions affichées en 2021. Les infrastructures promises n’ont toujours pas vu le jour, tandis que les élèves et les enseignants continuent d’évoluer dans des conditions difficiles.
Face à cette situation, les interrogations se multiplient.
Que sont devenus les 151 millions de gourdes annoncés pour cette reconstruction ? Pourquoi un projet qui devait être livré en treize mois demeure-t-il inachevé plusieurs années après ? Quels obstacles ont réellement conduit à la paralysie du chantier ? S’agit-il de difficultés techniques, d’un manque de financement, d’une mauvaise gestion ou de possibles irrégularités administratives ? Les autorités concernées ont-elles rendu des comptes à la population sur l’état d’avancement du projet ?
À Saint-Louis-du-Nord, plusieurs citoyens réclament désormais des réponses claires. Ils demandent qu’une évaluation indépendante soit réalisée afin de déterminer les causes exactes du blocage et, le cas échéant, d’établir les responsabilités. Certains appellent également les institutions de contrôle compétentes à examiner la gestion des fonds alloués au projet afin de dissiper tout doute sur leur utilisation.
Pour les parents d’élèves, le temps des cérémonies officielles est révolu. Ce qu’ils attendent aujourd’hui, ce sont des salles de classe terminées, des enseignants disposant d’un cadre adéquat pour travailler et des enfants pouvant étudier dans un environnement digne.
Dans un département où l’accès à l’éducation reste un défi quotidien, chaque école qui tarde à ouvrir ou à être achevée représente une occasion perdue pour toute une génération. Beaucoup rappellent qu’une jeunesse privée d’éducation devient plus vulnérable au décrochage scolaire, à l’exclusion sociale et à la délinquance.
Le lycée Jean-Marie de Lamennais devait incarner un symbole d’espoir pour Saint-Louis-du-Nord. Cinq ans plus tard, il est surtout devenu, aux yeux de nombreux habitants, le symbole d’un chantier inachevé auquel ils demandent enfin des explications et des résultats.



