Le bilan jugé satisfaisant présenté par le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) sur le déroulement des examens du baccalauréat ne fait pas l’unanimité. Dans une note de presse publiée le 18 juillet 2026, le Collectif national des enseignants haïtiens pour une éducation de qualité (CONEHQ) affirme que la réalité vécue par de nombreux candidats est bien différente de celle décrite par les autorités.
Pour le collectif, plusieurs dysfonctionnements ont marqué cette session d’examens, au point de remettre en question l’organisation mise en place par le ministère dirigé par Vijonet Déméro.
Le CONEHQ affirme que des milliers de candidats ont dû composer dans des conditions particulièrement difficiles. Dans certaines régions, des élèves auraient parcouru plusieurs kilomètres pour rejoindre leur centre d’examen, tandis que d’autres ont été contraints de traverser des zones où l’insécurité demeure préoccupante.
L’organisation s’interroge sur les garanties offertes par l’État pour assurer le bon déroulement des épreuves. Comment peut-on parler d’une session réussie lorsque des candidats risquent leur sécurité simplement pour accéder à leur salle d’examen ?
Le collectif évoque également des retards dans l’acheminement des sujets, des informations qui auraient circulé avant la fin des épreuves dans certains centres ainsi que le recrutement de surveillants dont les qualifications seraient contestées.
Mais c’est surtout la question des repas destinés aux candidats qui retient l’attention.
Avant le début des examens, le MENFP avait annoncé, en collaboration avec le Programmenational de cantines scolaires (PNCS), qu’un repas serait distribué aux candidats afin de leur permettre de composer dans de meilleures conditions.
Selon le CONEHQ, cette promesse n’a pas été respectée partout.
L’organisation affirme que plusieurs centres d’examen, notamment en dehors de la région métropolitaine, n’ont reçu aucune distribution alimentaire. Dans certains départements, des candidats disent avoir passé toute une journée d’examen sans bénéficier du moindre repas, contrairement à ce qui avait été annoncé.
Ces témoignages soulèvent plusieurs interrogations.
Quel budget le MENFP a-t-il réellement consacré à cette opération ?
Combien de centres ont effectivement reçu les repas annoncés ?
Existe-t-il un rapport détaillé permettant de retracer les distributions effectuées dans chacun des dix départements du pays ?
Si des fonds publics ont été mobilisés, comment expliquer que de nombreux candidats affirment n’avoir jamais reçu l’assistance promise ?
Pour le CONEHQ, ces disparités créent une inégalité entre les élèves, alors que tous devraient composer dans les mêmes conditions, quel que soit leur département.
Au-delà des critiques, le collectif appelle le ministère à faire preuve de davantage de transparence. Il estime qu’un bilan officiel ne peut se limiter au nombre de candidats ayant composé ou au respect du calendrier. Il doit également rendre compte des difficultés rencontrées sur le terrain, des ressources engagées et des mesures prises pour corriger les insuffisances constatées.
La note du CONEHQ remet ainsi au centre du débat une question essentielle : l’objectif est-il simplement d’organiser les examens ou de garantir à chaque candidat les mêmes chances de réussite ?
En attendant une éventuelle réponse du ministère, les préoccupations soulevées par les enseignants alimentent les discussions au sein de la communauté éducative. Beaucoup estiment que la crédibilité des examens officiels dépend autant de leur organisation que de la confiance que les élèves, les parents et les enseignants accordent au système éducatif.



