Port-au-Prince, 4 juillet 2026 – Le décret électoral modifié, publié vendredi, suscite déjà de nombreuses réactions au sein de la classe politique et de la société civile. En cause, une disposition qui pourrait empêcher certaines personnalités de briguer un mandat électif, même si elles ont simplement été arrêtées au cours de leur vie.
Selon l’article 153, alinéa 8, tout candidat devra produire une attestation sur l’honneur, signée devant un notaire, certifiant qu’il n’a jamais été condamné ni détenu, en Haïti ou à l’étranger, pour des infractions telles que les crimes économiques, les violences sexuelles, le trafic d’armes, le trafic de stupéfiants, l’enlèvement, la séquestration ou toute autre infraction de nature délictuelle ou criminelle.
Cette disposition soulève des interrogations chez plusieurs juristes et observateurs. Certains estiment qu’elle pourrait avoir des conséquences importantes sur la participation politique, notamment dans un contexte où des arrestations ou des avis de recherche peuvent parfois faire l’objet de controverses ou de contestations devant les tribunaux.
À la lecture du texte, plusieurs figures politiques ayant déjà été interpellées par le passé pourraient voir leur éligibilité remise en question si les autorités appliquent strictement ces nouvelles exigences. Des noms comme Arnel Bélizaire, Nenel Cassy ou Alfredo Antoine sont notamment évoqués dans le débat public, en raison de procédures judiciaires ou d’arrestations antérieures.
Au-delà des cas individuels, cette réforme alimente un débat plus large sur l’équilibre entre l’assainissement de la vie publique et le respect des principes fondamentaux du droit. Des spécialistes rappellent notamment que, dans un État de droit, une arrestation ne vaut pas condamnation et que la présomption d’innocence demeure un principe fondamental.
À quelques mois des prochaines échéances électorales, cette nouvelle disposition pourrait ainsi devenir l’un des points les plus débattus du décret électoral. Son interprétation et son application par les autorités compétentes seront déterminantes pour apprécier son impact sur la compétition politique et sur la crédibilité du futur processus électoral.



