Port-au-Prince, 2 juin 2026 – Une nouvelle tension est apparue entre les autorités de transition haïtiennes et la Communauté des Caraïbes (CARICOM), à quelques jours d’une échéance jugée cruciale pour l’avenir du processus politique en Haïti.
Selon plusieurs sources concordantes, le secrétaire général de la CARICOM, Terrance Drew, également Premier ministre de Saint-Kitts-et-Nevis, a informé les autorités haïtiennes de son intention d’effectuer une visite officielle en Haïti au début du mois de juin. Cette mission devait permettre à l’organisation régionale d’évaluer les progrès réalisés dans le cadre de la transition politique engagée depuis l’installation du Conseil présidentiel de transition en avril 2024.
D’après les informations disponibles, la visite était envisagée avant le 7 juin 2026, une date que certains responsables régionaux considèrent comme un jalon important dans le calendrier politique établi lors des négociations menées sous l’égide de la CARICOM.
Cependant, les autorités haïtiennes auraient indiqué à l’organisation régionale qu’elles n’étaient pas en mesure de garantir les conditions de sécurité nécessaires à une telle visite. Cette position intervient alors que la situation sécuritaire demeure extrêmement préoccupante dans plusieurs zones de la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Les derniers rapports internationaux estiment que des groupes armés exercent une influence sur une grande partie de la capitale et de ses environs. Depuis 2024, les violences ont provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes, tandis que plusieurs infrastructures publiques, écoles, centres de santé et axes routiers continuent d’être affectés par l’insécurité.
La réaction des autorités haïtiennes ne se serait pas limitée à cette mise en garde sécuritaire. Selon les informations circulant dans les milieux diplomatiques, l’ambassadeur d’Haïti accrédité auprès de la CARICOM aurait été rappelé pour consultations, une démarche souvent interprétée comme un signal de mécontentement ou de désaccord entre deux partenaires institutionnels.
Cette situation pourrait compliquer davantage les relations entre les dirigeants de la transition et l’organisation régionale, qui joue depuis plus de deux ans un rôle central dans les efforts de médiation politique en Haïti. La CARICOM avait notamment facilité les discussions ayant conduit à la mise en place du Conseil présidentiel de transition après la démission de l’ancien Premier ministre Ariel Henry en mars 2024.
À quelques jours de l’échéance du 7 juin, cette divergence intervient dans un contexte marqué par des interrogations persistantes sur l’état d’avancement de la transition, la tenue d’élections générales et le rétablissement des institutions démocratiques du pays.
Ni les autorités haïtiennes ni la CARICOM n’avaient, au moment de la rédaction de cet article, publié de communiqué détaillé permettant de préciser les contours exacts de ce différend. Les observateurs estiment toutefois que les prochains jours seront déterminants pour mesurer l’impact de cette tension diplomatique sur les relations entre Port-au-Prince et l’organisation régionale.


