La scène politique haïtienne pourrait connaître un nouveau tournant dans les prochaines semaines. L’ancien sénateur Moïse Jean-Charles, coordonnateur du parti Pitit Dessalines, a annoncé le lancement d’une campagne de mobilisation baptisée « Dechoukaj », avec pour objectif affiché d’obtenir le départ du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
L’annonce a été faite au lendemain de la fin de la Coupe du monde, dans un contexte où la crise sécuritaire et les difficultés économiques dominent les préoccupations de la population. Pour l’ancien parlementaire, le moment est venu d’intensifier la contestation contre un gouvernement qu’il accuse de ne pas être en mesure de répondre aux défis auxquels le pays est confronté.
Moïse Jean-Charles affirme que cette mobilisation dépassera largement les frontières de Port-au-Prince. Selon lui, des actions seront organisées dans plusieurs départements du pays, avec le soutien attendu de la diaspora haïtienne, appelée à participer à cette campagne de pression politique.
Au cœur de son discours figurent les critiques adressées au pouvoir en place. L’ancien sénateur estime que la situation sécuritaire continue de se détériorer, que les gangs armés gagnent du terrain et que des milliers de familles restent contraintes de quitter leurs maisons sans qu’une réponse efficace de l’État ne soit apportée.
Il a également évoqué la question de contrats miniers qu’il attribue au gouvernement. Cet appel intervient dans un climat de mécontentement grandissant. Dans plusieurs régions du pays, les citoyens dénoncent la montée de l’insécurité, la hausse du coût de la vie, les difficultés d’accès aux services essentiels et l’absence de perspectives d’amélioration à court terme.
Reste désormais à savoir si cette initiative débouchera sur un mouvement populaire d’envergure ou si elle rejoindra la longue liste des appels à la mobilisation lancés ces dernières années. Les prochains jours permettront de mesurer la capacité des organisateurs à rassembler au-delà de leur base politique.
En attendant une éventuelle réponse du gouvernement, cette annonce confirme que la tension politique reste vive en Haïti. Alors que les défis sécuritaires, économiques et institutionnels continuent de s’accumuler, le bras de fer entre le pouvoir et une partie de l’opposition semble entrer dans une nouvelle phase, avec le risque d’accentuer encore davantage les divisions dans un pays déjà profondément éprouvé.

