27 juillet 2026
Une publication largement relayée sur les réseaux sociaux relance un débat qui traverse la vie politique haïtienne depuis plusieurs années : les prises de position des représentants diplomatiques américains à propos de l’ancien président Michel Joseph Martelly.
Le message établit un parallèle entre deux épisodes, survenus à quatorze ans d’intervalle, qui continuent d’alimenter les discussions au sein de l’opinion publique.
Le premier remonte à mars 2012. À l’époque, alors que des interrogations circulaient sur une éventuelle double nationalité de Michel Martelly, une situation qui aurait soulevé des questions au regard de la Constitution haïtienne en vigueur, l’ambassadeur des États-Unis en Haïti, Kenneth Merten, était intervenu publiquement. Il avait déclaré que le président Martelly n’était pas un citoyen américain, une prise de parole qui avait contribué à calmer, au moins temporairement, les spéculations autour de ce dossier.
Quatorze ans plus tard, un autre épisode attire l’attention. Le 23 juillet 2026, à quelques jours de la fin de sa mission en Haïti, le chargé d’affaires des États-Unis, Henry Wooster, a répondu à une question concernant les sanctions américaines visant Michel Martelly et l’éventualité d’une participation de l’ancien chef de l’État aux prochaines élections.
Selon Henry Wooster, seule une décision de justice établissant la culpabilité d’une personne peut justifier une privation de ses libertés fondamentales. Cette déclaration est intervenue alors que Michel Martelly fait l’objet de sanctions américaines liées notamment à des accusations de trafic d’armes, de trafic de drogue, de financement de gangs et de corruption à haut niveau. Ces sanctions sont des mesures administratives prises par les autorités américaines et ne constituent pas, à elles seules, une condamnation pénale prononcée par un tribunal.
Le rapprochement entre ces deux déclarations nourrit aujourd’hui de nombreuses réactions. Pour certains observateurs, il s’agit d’une constance dans la position diplomatique américaine, qui rappelle régulièrement l’importance du respect des principes de droit et des procédures judiciaires. D’autres y voient une attitude qui, selon eux, semble favorable à l’ancien président dans des moments particulièrement sensibles de son parcours politique.
Cette nouvelle controverse illustre une fois de plus la place qu’occupent les États-Unis dans les débats politiques haïtiens. Chaque déclaration provenant de Washington ou de ses représentants à Port-au-Prince est analysée, interprétée et parfois remise en question par une partie de l’opinion.



