Port-au-Prince,24 juin 2026 – Près de cinq ans après l’assassinat du président Jovenel Moïse, l’enquête judiciaire connaît une accélération majeure. Le juge d’instruction Cyprien Jean F. Denis Pierre, chargé du dossier, a ordonné l’émission de sept mandats d’amener visant des personnalités issues de différents secteurs de la société haïtienne, dans ce qui apparaît comme l’une des initiatives les plus importantes entreprises depuis le début de l’instruction.
Dans un document transmis aux autorités chargées de l’exécution des décisions judiciaires, le magistrat demande non seulement l’arrestation et la comparution des personnes concernées, mais recommande également la diffusion d’avis de recherche afin de faciliter leur localisation. Pour celles qui se trouveraient à l’extérieur du pays, il préconise le recours aux mécanismes de coopération policière internationale, notamment à travers INTERPOL.
Les personnes visées sont Samir Handal, Rockefeller Vincent, Francis Cineus, Mario Beauvoir, Jean Monard Métellus, Jean Roger Noelcius et Wendel Coq Thélot. La décision du juge marque un tournant dans une enquête qui, depuis juillet 2021, a donné lieu à de nombreuses auditions, arrestations et procédures aussi bien en Haïti qu’à l’étranger.
L’ancien ministre de la Justice Rockefeller Vincent figure parmi les noms les plus connus de cette liste. Son implication présumée dans certains aspects du dossier fait déjà l’objet de procédures judiciaires distinctes. Quant à Samir Handal, son nom revient régulièrement dans les débats entourant l’affaire depuis plusieurs années.
La présence du journaliste Jean Monard Métellus parmi les personnes recherchées suscite également de nombreuses réactions. Ancienne figure médiatique connue du grand public, il est désormais appelé à répondre aux questions de la justice dans le cadre d’une enquête dont les ramifications continuent de s’étendre.
Pour plusieurs observateurs, cette nouvelle phase démontre la volonté du cabinet d’instruction de remonter au-delà des exécutants présumés afin d’identifier l’ensemble des acteurs qui auraient pu jouer un rôle dans la préparation, la coordination ou le financement de l’opération ayant conduit à la mort du chef de l’État.
L’assassinat de Jovenel Moïse, survenu dans la nuit du 7 juillet 2021, demeure l’un des événements les plus traumatisants de l’histoire récente du pays. Malgré les nombreuses procédures engagées depuis lors, plusieurs zones d’ombre persistent encore concernant les commanditaires, les circuits financiers et les complicités éventuelles ayant permis la réalisation du crime.
Avec ces nouveaux mandats, la justice semble envoyer un signal clair : aucune personne considérée comme importante pour la manifestation de la vérité ne devrait échapper aux investigations. L’éventuelle implication d’INTERPOL pourrait par ailleurs donner une dimension internationale accrue à la traque des personnes recherchées.
Alors que l’opinion publique continue d’exiger des réponses sur l’un des crimes politiques les plus retentissants du XXIe siècle en Haïti, les prochaines semaines pourraient s’avérer cruciales pour l’avenir de l’enquête. L’exécution de ces mandats et les éventuelles auditions qui en découleront pourraient permettre de lever une partie du voile sur une affaire qui continue de hanter la vie politique nationale.


