L’ancien président Michel Martelly est rentré en Haïti ce dimanche 2 août 2026, quelques jours seulement après avoir quitté le pays. Selon les informations disponibles, il a atterri vers 9 heures du matin à l’Aéroport international du Cap-Haïtien, avant de se rendre au salon diplomatique.
L’ancien chef de l’État avait quitté Haïti le jeudi 30 juillet 2026 à destination de la République dominicaine. Le même dimanche, il a été aperçu à l’aéroport international Joaquín Balaguer, à Santo Domingo, avant de regagner rapidement le territoire haïtien. Les raisons de ce déplacement n’ont fait l’objet d’aucune communication officielle.
Ce retour intervient dans un contexte particulièrement sensible. Depuis plusieurs mois, Michel Martelly est au centre de nombreuses controverses, tant sur le plan judiciaire que diplomatique.
Le 20 août 2024, le gouvernement du Canada a imposé des sanctions à l’ancien président, l’accusant d’avoir facilité ou soutenu des activités contribuant à l’expansion des groupes armés en Haïti. Ces mesures comprennent notamment le gel de ses avoirs au Canada et une interdiction d’entrée sur le territoire canadien.
Quelques mois plus tard, le 3 juin 2025, le Département du Trésor des États-Unis a annoncé à son tour des sanctions contre Michel Martelly dans le cadre du programme Global Magnitsky. Washington l’accuse notamment de faits de corruption et d’avoir contribué à créer un environnement favorable aux organisations criminelles armées. Les autorités américaines ont ordonné le gel des biens et intérêts qu’il pourrait détenir sous juridiction américaine et interdit aux personnes et entreprises américaines d’effectuer des transactions avec lui.
Parallèlement, Michel Martelly a été entendu à plusieurs reprises par la justice haïtienne dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse, survenu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021.
Michel Martelly a été convoqué le lundi 20 juillet 2026 dans le cabinet du juge instructeur, Jean Denis Cyprien, dans le cadre du supplément d’information ordonné sur l’assassinat du président Jovenel Moïse, commis dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021. Il s’agissait de sa deuxième comparution devant un juge d’instruction dans ce dossier. La première remonte au mardi 4 octobre 2023, lorsqu’il avait été entendu par le juge instructeur Walter W. Voltaire, alors chargé de l’enquête.
Son aller-retour rapide entre Haïti et la République dominicaine relance toutefois plusieurs interrogations.
Les sanctions annoncées par les États-Unis et le Canada produisent-elles réellement les effets attendus ? Ces mesures limitent-elles uniquement les transactions financières et les avoirs, ou restreignent-elles également certains déplacements internationaux ? Michel Martelly est-il aujourd’hui autorisé à entrer sur le territoire des États-Unis, ou d’autres restrictions lui sont-elles applicables ? Comment expliquer la facilité avec laquelle il a effectué ce déplacement régional alors qu’il demeure sous le coup de sanctions internationales ? Les autorités haïtiennes disposent-elles d’informations sur l’objet de cette visite éclair en République dominicaine ?
Autant de questions qui continuent d’alimenter le débat public, alors que les sanctions internationales étaient censées envoyer un signal fort contre l’impunité et la corruption. Plus d’un an après les premières mesures prises contre l’ancien président, leur portée réelle et leur application concrète restent au cœur des interrogations de nombreux observateurs.

