Le calendrier avance, mais la douleur reste intacte. Ce 7 juillet 2026 marque le cinquième anniversaire de l’assassinat du président Jovenel Moïse, tué dans sa résidence privée de Pèlerin 5 au cours de la nuit du 6 au 7 juillet 2021. Un crime qui a bouleversé Haïti, ébranlé ses institutions et laissé derrière lui une multitude de questions encore sans réponses.
Cette nuit-là, un commando armé avait réussi à pénétrer dans la résidence présidentielle. Le chef de l’État avait été mortellement atteint par plusieurs projectiles, tandis que son épouse, Martine Moïse, avait été grièvement blessée avant d’être évacuée à l’étranger pour recevoir des soins. Les images et les témoignages qui ont suivi ont profondément marqué les Haïtiens et suscité une onde de choc bien au-delà des frontières du pays.
Cinq ans plus tard, plusieurs personnes ont été arrêtées, inculpées ou condamnées dans le cadre des enquêtes menées en Haïti et aux États-Unis. D’anciens militaires colombiens, des ressortissants haïtiens et américains ainsi que d’autres suspects ont été entendus par la justice. Pourtant, pour une grande partie de l’opinion publique, le dossier reste loin d’être élucidé.
Les interrogations persistent. Qui a conçu le plan ayant conduit à l’assassinat du président ? Qui l’a financé ? Qui en a tiré profit ? Pourquoi les dispositifs chargés d’assurer la sécurité du chef de l’État n’ont-ils pas empêché l’attaque ? Ces questions continuent de nourrir le débat public et de rappeler les limites des enquêtes menées jusqu’à présent.
Au-delà de la procédure judiciaire, l’affaire Jovenel Moïse est devenue le symbole des faiblesses de l’État haïtien. Elle a mis en lumière les difficultés de la justice à traiter un dossier d’une telle complexité, dans un contexte de crise politique, de montée en puissance des groupes armés et d’instabilité institutionnelle.
Depuis ce drame, Haïti a traversé des années particulièrement éprouvantes. L’insécurité s’est aggravée, des milliers de familles ont été contraintes de fuir leurs quartiers et plusieurs institutions publiques ont vu leur fonctionnement paralysé. Pour beaucoup de citoyens, le pays n’a jamais retrouvé la stabilité qu’il connaissait avant ce 7 juillet 2021.
À chaque anniversaire de ce crime, les appels à la vérité refont surface. Les proches du défunt président, des organisations de la société civile, des juristes et de nombreux citoyens continuent de réclamer une enquête complète, indépendante et transparente, capable d’établir toutes les responsabilités, sans distinction.
Cinq ans après, l’assassinat de Jovenel Moïse dépasse le cadre d’un simple fait divers. Il demeure une épreuve pour la justice haïtienne et un test pour les institutions de la République. Car tant que toutes les responsabilités ne seront pas établies, cette affaire continuera de hanter la mémoire collective et de rappeler qu’un État de droit ne peut se construire sans vérité ni justice.



