Les agents de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) ont mené, ce lundi 6 juillet 2026, une perquisition dans les locaux du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), une organisation dirigée par Pierre Espérance. Cette opération, qui s’est déroulée dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions institutionnelles, suscite de nombreuses interrogations.
À l’heure où cet article est publié, ni la DCPJ, ni le parquet, ni le ministère de la Justice n’ont communiqué sur les motifs de cette intervention. Ce silence officiel laisse place à de multiples spéculations, relayées notamment sur les réseaux sociaux.
Parmi les hypothèses évoquées figure celle du célèbre carnet attribué à l’ancien président Jovenel Moïse, assassiné le 7 juillet 2021. Au fil des années, Pierre Espérance avait publiquement affirmé être en possession de ce document, présenté comme un carnet personnel dans lequel l’ancien chef de l’État consignait certaines notes. Plusieurs internautes s’interrogent désormais sur un éventuel lien entre cette déclaration et la perquisition menée ce lundi.
Toutefois, à ce stade, aucun élément officiel ne permet d’établir que l’opération de la DCPJ est liée à ce carnet ou à une quelconque pièce de l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse. Les autorités n’ont confirmé ni infirmé cette hypothèse.
Cette absence d’explications entretient les interrogations, d’autant que le RNDDH est l’une des principales organisations de défense des droits humains en Haïti. Depuis plusieurs années, l’institution documente des violations des droits fondamentaux, publie des rapports sur l’insécurité, la corruption et les abus de pouvoir, tout en intervenant régulièrement dans des dossiers sensibles.
Dans les milieux juridiques et au sein de la société civile, plusieurs voix appellent à la transparence. Elles estiment que toute perquisition menée dans les locaux d’une organisation de défense des droits humains doit être clairement motivée afin d’éviter les interprétations et de préserver la confiance du public dans les institutions judiciaires.
En attendant une communication officielle, cette opération nourrit un climat de questionnement. Les observateurs espèrent que les autorités préciseront rapidement le cadre légal de cette perquisition, les objectifs recherchés et les éventuels résultats de l’intervention, afin de dissiper les nombreuses spéculations qui circulent depuis plusieurs heures.



