La nomination d’un homme à la tête de la Direction générale du ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF) provoque une vive onde de choc au sein des organisations féministes haïtiennes. La plateforme Fanm Angaje pou Ayiti est montée au créneau ce vendredi 8 mai 2026 pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « recul grave » dans la représentation des femmes au sein de l’administration publique.
Dans une note au ton particulièrement sévère, l’organisation accuse les autorités de facto de poser un acte symboliquement destructeur envers les luttes féminines, en confiant à un homme la gestion administrative d’un ministère historiquement associé à la défense des droits des femmes et à l’émancipation féminine.
Pour les responsables de la plateforme, cette décision traduit une marginalisation croissante des femmes dans les sphères de pouvoir. Elles dénoncent une gouvernance qui, selon elles, affaiblit davantage la présence féminine dans les institutions publiques à un moment où les Haïtiennes font face à une aggravation des violences, de la précarité économique et de l’exclusion politique.
« Cette nomination envoie un signal extrêmement préoccupant », estime Fanm Angaje pou Ayiti, rappelant qu’actuellement seules trois femmes occupent des postes de directrices générales parmi les dix-huit ministères que compte l’appareil étatique.
L’organisation parle d’une « pratique machiste » et accuse le pouvoir dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de transformer les femmes en simples figurantes institutionnelles, loin des espaces réels de décision.
Au-delà de la polémique autour de cette nomination, plusieurs observateurs soulignent que le débat remet brutalement sur la table la question de la représentation féminine dans la gouvernance haïtienne. Dans un pays où les mouvements féministes réclament depuis des années une participation plus équitable des femmes dans les institutions publiques, cette décision risque d’alimenter davantage les tensions entre les autorités et les organisations de défense des droits humains.
Sur les réseaux sociaux, les réactions se multiplient déjà. Militantes, universitaires et personnalités publiques dénoncent ce qu’elles considèrent comme un « mauvais signal politique » envoyé aux femmes haïtiennes, dans un contexte national déjà marqué par l’insécurité, les déplacements forcés et l’effondrement progressif des structures sociales.
Aucune réaction officielle du gouvernement n’avait encore été publiée au moment de la rédaction de cet article.

