Le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé a fixé de nouveaux tarifs pour les produits pétroliers sur l’ensemble du territoire national. À partir du 2 avril 2026, la gazoline sera vendue à 725 gourdes, le gasoil à 850 gourdes et le kérosène à 845 gourdes, selon un avis conjoint du ministère de l’Économie et des Finances et du ministère du Commerce et de l’Industrie, rapporté par plusieurs médias locaux.
Cette décision intervient dans un contexte de crise sécuritaire et économique profonde, où la population haïtienne peine déjà à faire face à la hausse du coût de la vie et à la paralysie de l’économie nationale.
Une hausse qui frappe une population déjà fragilisée
L’augmentation du prix du carburant aura des conséquences directes sur la vie quotidienne des citoyens. En Haïti, le carburant influence presque tous les secteurs économiques :
- transport public et privé
- prix des produits alimentaires
- commerce et distribution
- production agricole
- coût de l’électricité et des services
- activités des petites entreprises
Dans un pays où l’inflation est déjà élevée et où les revenus sont faibles, cette hausse risque d’aggraver la situation sociale et économique de milliers de familles.
Des économistes estiment que toute augmentation du carburant entraîne automatiquement une hausse du prix des produits de première nécessité, ce qui réduit encore davantage le pouvoir d’achat des citoyens.
Une continuité des décisions prises sous Ariel Henry
Cette nouvelle augmentation rappelle les décisions prises sous le gouvernement de Ariel Henry, notamment en septembre 2022, lorsque les prix du carburant avaient été fortement augmentés, provoquant une crise sociale majeure dans le pays.
À l’époque, la gazoline était passée d’environ 250 gourdes à plus de 570 gourdes, le diesel à 670 gourdes et le kérosène à 665 gourdes, déclenchant de nombreuses protestations et blocages à travers le pays.
Depuis cette période, plusieurs observateurs soulignent que les prix n’ont jamais véritablement diminué de manière significative malgré certaines variations du marché international.
Pour une partie de la population, la décision actuelle apparaît comme la continuité d’une politique économique qui pèse lourdement sur les citoyens sans offrir de solutions concrètes pour améliorer leurs conditions de vie.
Un gouvernement sous pression
Le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé justifie cette hausse par la réalité du marché international du pétrole et la nécessité de garantir l’approvisionnement du pays en produits pétroliers.
Selon les analyses économiques, Haïti dépend entièrement des importations de carburant, et toute fluctuation des prix internationaux se répercute directement sur le marché local.
Cependant, plusieurs critiques estiment que la population paie le prix d’un système économique fragile et d’une absence de politique énergétique durable.
Une décision prise dans un contexte de crise nationale
Cette augmentation intervient alors que le pays traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente :
- insécurité généralisée
- routes bloquées par les gangs
- déplacements massifs de population
- crise alimentaire
- économie paralysée
- chômage élevé
- institutions fragilisées
Dans ce contexte, de nombreux citoyens s’interrogent sur la priorité donnée à l’augmentation des prix du carburant alors que la situation sociale reste extrêmement fragile.
Les risques sociaux et économiques
Plusieurs analystes mettent en garde contre les conséquences possibles de cette décision :
- augmentation du coût du transport
- hausse des prix des produits alimentaires
- ralentissement des activités économiques
- aggravation de la pauvreté
- tensions sociales
Pour certains observateurs, une telle décision sans mesures sociales d’accompagnement pourrait accentuer la méfiance entre la population et les autorités.
La question de la gouvernance économique
La hausse du carburant relance également le débat sur la gestion économique du pays et la responsabilité des gouvernements successifs.
Des économistes soulignent que la politique énergétique haïtienne reste dépendante des importations et qu’aucune stratégie durable n’a été mise en place pour réduire cette dépendance, notamment à travers :
- les énergies renouvelables
- la production locale d’électricité
- la modernisation du secteur énergétique
- la régulation des prix
Sans réformes structurelles, chaque crise internationale continue de se répercuter directement sur la population haïtienne.
Une population en attente de solutions
Face à cette nouvelle hausse, la population attend désormais des mesures concrètes pour atténuer les effets de la décision.
Parmi les propositions souvent évoquées :
- subventions ciblées pour les transports publics
- soutien aux agriculteurs
- contrôle des prix des produits de première nécessité
- amélioration de la sécurité pour relancer l’économie
- transparence dans la gestion des fonds publics
Car au-delà de la hausse du carburant, c’est la question du bien-être de la population qui reste au centre des préoccupations.
Entre nécessité économique et justice sociale
La décision du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé illustre le dilemme permanent entre les contraintes économiques et la réalité sociale du pays.
Si l’État doit garantir l’approvisionnement en carburant et maintenir l’équilibre budgétaire, il doit également tenir compte de la souffrance d’une population déjà éprouvée par l’insécurité, la pauvreté et l’instabilité politique.
Dans ce contexte, la hausse des prix du carburant ne représente pas seulement une décision économique, mais un test majeur pour la crédibilité et la responsabilité du gouvernement face aux attentes du peuple haïtien.

