Port-au-Prince, 30 juin 2026 – Plus de vingt mois après la nomination d’Alix Didier Fils-Aimé à la Primature, le rétablissement de la sécurité et l’organisation des élections demeurent au cœur des préoccupations en Haïti. Alors que ces deux objectifs figuraient parmi les principales priorités de la transition, plusieurs observateurs estiment que les avancées restent insuffisantes.
Sur le plan électoral, l’absence d’un calendrier officiel et d’un budget dédié continue de susciter des interrogations au sein de la classe politique et de la société civile. À quelques mois de l’échéance annoncée pour le retour à l’ordre constitutionnel, les préparatifs électoraux peinent à convaincre une partie des acteurs nationaux.
Le décret électoral publié par le gouvernement fait également l’objet de contestations. Des responsables politiques et des organisations estiment que certaines de ses dispositions auraient dû faire l’objet d’un consensus plus large avec les institutions concernées, notamment le Conseil électoral provisoire (CEP). Ces critiques traduisent les tensions persistantes autour de la conduite du processus électoral.
Parallèlement, la crise sécuritaire continue de peser lourdement sur les perspectives d’organisation d’un scrutin. L’expansion des groupes armés, les déplacements de population et les difficultés de circulation dans plusieurs régions compliquent davantage la mise en œuvre d’un calendrier électoral.
Dans ce contexte, la Communauté des Caraïbes (CARICOM) poursuit ses initiatives diplomatiques afin de rapprocher les différents acteurs politiques haïtiens. L’organisation régionale multiplie les consultations avant une mission annoncée en Haïti au cours du mois de juillet, avec l’objectif de favoriser un dialogue susceptible de déboucher sur un accord politique.
Les relations entre le gouvernement de transition et la CARICOM ont, à plusieurs reprises, donné lieu à des divergences publiques. Certains observateurs estiment que ces tensions ont ralenti les efforts de médiation régionale, tandis que d’autres considèrent qu’un dialogue plus soutenu entre les différentes parties demeure indispensable pour sortir le pays de l’impasse.
Malgré les critiques, les autorités assurent poursuivre leurs efforts pour créer les conditions nécessaires au rétablissement de la sécurité et à la tenue d’élections. De leur côté, plusieurs secteurs politiques appellent à une accélération des réformes et à un renforcement du dialogue afin de restaurer la confiance dans le processus de transition.
À mesure que les attentes de la population se font plus pressantes, les prochains mois seront déterminants pour l’avenir politique du pays. Entre les défis sécuritaires, les exigences institutionnelles et les attentes de la communauté internationale, le gouvernement est confronté à une équation particulièrement complexe, dont l’issue influencera durablement la trajectoire d’Haïti.



