La fragilité du pouvoir exécutif en Haïti se confirme à mesure que des fissures apparaissent au sein même des accords censés garantir la stabilité politique. Selon des informations relayées par le média Satellite509, une majorité de signataires du « pacte national pour la stabilité » se désolidariseraient progressivement, bien que de manière encore officieuse, du Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé.
Une rupture alimentée par l’absence de résultats
Au cœur de cette prise de distance : un constat sévère sur la gestion de la sécurité et du processus électoral. Aucun chef de gang neutralisé, des territoires toujours sous contrôle de groupes armés et des élections qui peinent à se concrétiser. Autant d’éléments qui alimentent un climat de frustration croissante, y compris parmi ceux qui avaient initialement soutenu la démarche politique.
À cela s’ajoutent des accusations de tentatives de fragilisation du Conseil électoral, dans un contexte où l’organisation du scrutin demeure un enjeu central pour la sortie de crise.
Des soupçons d’alliances économiques stratégiques
Le message évoque également des relations étroites entre le pouvoir et certains acteurs du secteur privé, citant notamment Édouard Baussan, Philippe Bayard, Olivier Barreau et Joël Khawly.
Ces derniers sont présentés, dans ces déclarations, comme bénéficiant indirectement de la situation d’insécurité, notamment à travers des positions dominantes dans certains secteurs économiques.
Une contestation qui s’organise
Face à cette situation, des organisations de la société civile et des acteurs politiques s’organisent autour d’un mouvement baptisé « deyo deyo nèt », visant à accentuer la pression sur le gouvernement.
L’objectif affiché est double : imposer un véritable dialogue national et ouvrir la voie à une nouvelle configuration du pouvoir exécutif, notamment à travers la mise en place d’un modèle bicéphale censé rétablir la sécurité et créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections.
Une crise qui s’approfondit
Ces évolutions témoignent d’un affaiblissement progressif du consensus politique autour du gouvernement en place. Entre critiques internes, accusations de dérives et pression populaire grandissante, le pouvoir exécutif se retrouve de plus en plus isolé.
Dans un pays déjà confronté à une crise multidimensionnelle, cette nouvelle phase de tensions pourrait marquer un tournant décisif.
Reste à savoir si ces prises de distance déboucheront sur des actions concrètes ou si elles resteront, comme souvent, à l’état de signaux politiques sans effet immédiat sur la gouvernance du pays.

