Gaza, 5 juin 2025 – De violents bombardements israéliens ont frappé plusieurs zones de la bande de Gaza ce jeudi, faisant au moins 37 morts, selon un bilan provisoire communiqué par la Défense civile palestinienne. Les frappes ont visé différents secteurs densément peuplés, notamment dans les quartiers de Rafah et de Deir al-Balah, accentuant une fois de plus la pression sur une population déjà confrontée à une situation humanitaire catastrophique.
Selon des témoins sur place, des habitations ont été détruites ou gravement endommagées, piégeant plusieurs familles sous les décombres. Les équipes de secours, confrontées à des moyens limités et à une pénurie persistante de carburant et d’équipements, peinent à répondre aux appels à l’aide. « Nous n’avons plus de brancards, plus de gants, plus de sérums. Chaque frappe ajoute à un chaos que nous n’avons plus les moyens de gérer », a déclaré un secouriste palestinien, joint par téléphone.
Une crise humanitaire sans précédent
Alors que les combats entre l’armée israélienne et les factions armées palestiniennes se poursuivent, la situation dans l’enclave reste dramatique. L’ONU estime que plus de 80 % de la population de Gaza — soit environ deux millions de personnes — est désormais déplacée ou sans accès régulier à l’eau potable, à l’électricité et aux soins médicaux de base. Plusieurs hôpitaux ont cessé de fonctionner, faute de carburant pour alimenter les générateurs, ou en raison des dommages causés par les frappes.
« Nous assistons à un effondrement progressif de toutes les structures civiles de Gaza », a alerté un responsable du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Selon lui, l’accès humanitaire reste « gravement entravé » par les opérations militaires et le blocage partiel des points de passage.
Israël justifie ses frappes par la lutte contre le Hamas
L’armée israélienne affirme de son côté avoir ciblé des « infrastructures terroristes » et des « positions de commandement » du Hamas, mouvement qu’elle accuse d’utiliser des zones résidentielles comme boucliers humains. Elle soutient que ses opérations visent à garantir la sécurité des civils israéliens, après une série de tirs de roquettes récents en provenance de l’enclave.
Mais les pertes humaines, majoritairement civiles selon les autorités locales, continuent d’alimenter les critiques internationales. Plusieurs ONG et organisations de défense des droits humains ont une nouvelle fois appelé à un cessez-le-feu immédiat et à la mise en place d’un corridor humanitaire sécurisé.
L’appel de la communauté internationale
À New York, le Conseil de sécurité des Nations Unies s’est réuni à huis clos pour discuter de l’escalade en cours. Plusieurs membres ont exprimé leur inquiétude face à l’intensification des frappes et à l’aggravation de la crise humanitaire. Aucune résolution n’a pour l’instant été adoptée.
Sur le terrain, les habitants de Gaza continuent de vivre dans la peur, souvent privés de toute information sur les zones sûres ou les possibilités de fuir. « Il n’y a plus d’endroits sûrs à Gaza », témoigne une mère de famille, réfugiée dans une école transformée en centre d’hébergement d’urgence.


