La colère populaire continue de monter contre le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, alors que l’insécurité, la paralysie des routes nationales et la crise humanitaire des déplacés internes plongent le pays dans une situation de plus en plus critique.
Depuis plusieurs mois, la population haïtienne observe avec inquiétude l’aggravation de la crise sécuritaire. Des quartiers entiers restent sous le contrôle de groupes armés, les routes stratégiques demeurent bloquées et des milliers de familles déplacées vivent toujours dans des conditions précaires, sans possibilité de retourner chez elles.
Routes bloquées et population abandonnée
Dans plusieurs zones de la région métropolitaine de Port-au-Prince et dans l’Artibonite, la circulation reste paralysée par l’insécurité. Les activités commerciales sont fortement réduites, les transports publics fonctionnent difficilement et les produits alimentaires deviennent de plus en plus rares et coûteux.
Les camps de déplacés continuent de s’étendre, tandis que de nombreuses familles dorment encore sous des bâches ou dans des écoles abandonnées.
Pour de nombreux citoyens, les promesses du gouvernement tardent à se concrétiser, alors que la situation sur le terrain ne montre aucune amélioration significative.
Le ministère de la Défense et la PNH sous pression
Le ministère de la Défense est régulièrement critiqué pour son manque de résultats visibles dans la lutte contre l’insécurité, tandis que la Direction générale de la Police nationale d’Haïti (PNH) est accusée par plusieurs observateurs de multiplier les déclarations rassurantes sans que la population ne ressente de véritables changements sur le terrain.
Les autorités annoncent régulièrement des opérations et des stratégies sécuritaires, mais les routes restent bloquées, les gangs continuent d’imposer leur loi et les citoyens vivent toujours dans la peur.
Cette situation alimente un profond sentiment de frustration au sein de la population.
Les 52 millions de dollars pour les mercenaires d’Erick Prince
Un autre point qui suscite la polémique concerne l’utilisation présumée de 52 millions de dollars américains pour des mercenaires liés à Erick Prince, une information qui circule largement dans l’espace public et qui alimente la méfiance envers les autorités.
Beaucoup se demandent pourquoi des sommes aussi importantes seraient engagées alors que les hôpitaux manquent de ressources, que les déplacés vivent dans la misère et que les infrastructures publiques restent détruites.
L’absence de résultats visibles sur le terrain renforce les critiques et soulève des interrogations sur la gestion des fonds publics.
Une presse accusée de propagande
Certains acteurs politiques et membres de la société civile dénoncent également l’existence d’un petit groupe de médias et de journalistes qui soutiendraient le gouvernement en échange de financements ou d’avantages.
Ces accusations, bien que difficiles à vérifier de manière indépendante, alimentent le climat de méfiance et contribuent à fragiliser davantage la crédibilité des institutions.
Le grand hôpital toujours en difficulté
Pendant ce temps, le plus grand hôpital public du pays continue de fonctionner difficilement, sans moyens suffisants pour répondre aux besoins de la population.
Médecins, infirmières et patients font face à une pénurie de matériel, de médicaments et d’équipements, illustrant la gravité de la crise sanitaire.
Une pression populaire croissante
Face à cette situation, la pression populaire augmente. Des voix s’élèvent pour demander des réformes profondes, une meilleure gestion des ressources publiques et des actions concrètes pour restaurer la sécurité.
Pour de nombreux observateurs, le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé se trouve aujourd’hui à un moment critique de son mandat, où les résultats attendus par la population deviennent une question de survie politique.
Dans un pays déjà fragilisé par des années de crises successives, la population attend désormais des décisions fortes, des actions concrètes et une gouvernance capable de rétablir la confiance et la sécurité.


