Port-au-Prince, 22 juin 2026 — À mesure que l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse poursuit son cours, de nouvelles révélations viennent jeter une lumière crue sur les circonstances ayant entouré l’entrée en Haïti de plusieurs ressortissants colombiens ultérieurement impliqués dans le dossier.
Selon des informations rapportées ces derniers jours, plusieurs des Colombiens soupçonnés d’avoir participé à l’opération ayant conduit à l’assassinat du chef de l’État dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 auraient obtenu leurs visas haïtiens dans des conditions qui suscitent aujourd’hui de nombreuses interrogations. Des sources diplomatiques citées dans le cadre du dossier affirment notamment que des sommes pouvant atteindre 2 000 dollars américains auraient été versées pour faciliter la délivrance de ces documents de voyage.
Ces révélations remettent au centre des débats le fonctionnement des représentations diplomatiques haïtiennes à l’étranger au moment des faits, ainsi que les mécanismes de contrôle censés encadrer l’émission des visas.
Au cœur des questionnements figure notamment le consulat haïtien de Barahona, en République dominicaine, qui aurait servi de point de passage administratif à certains des ressortissants colombiens concernés. Les informations circulant dans le dossier soulèvent désormais des interrogations sur les procédures appliquées à l’époque et sur les éventuelles responsabilités administratives qui pourraient être établies par la justice.
L’affaire prend une nouvelle dimension avec la convocation annoncée de l’ancien ambassadeur d’Haïti en République dominicaine, Smith Augustin, devant le magistrat instructeur chargé du dossier. Son audition est attendue comme une étape importante dans la recherche de réponses sur les circonstances ayant précédé l’arrivée des membres du commando sur le territoire haïtien.
Près de cinq ans après l’assassinat qui avait plongé le pays dans la stupeur et accéléré son instabilité politique, de nombreuses zones d’ombre continuent d’alimenter les débats. Au-delà de l’exécution du crime lui-même, c’est désormais toute la chaîne de décisions, d’autorisations et de contrôles ayant permis aux acteurs impliqués de circuler entre plusieurs pays qui se retrouve sous le regard attentif de la justice.
Pour de nombreux observateurs, ces nouvelles révélations rappellent que l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse ne se limite pas à identifier les exécutants. Elle vise également à comprendre comment un groupe d’hommes armés a pu franchir autant d’étapes administratives et logistiques sans que des mécanismes de contrôle efficaces ne permettent d’alerter les autorités.
Alors que les familles des victimes et une partie de l’opinion publique continuent d’attendre toute la vérité sur ce crime qui a marqué l’histoire contemporaine d’Haïti, chaque nouvelle audition et chaque nouvel élément versé au dossier ravivent l’espoir de voir enfin émerger une compréhension plus complète de l’un des assassinats politiques les plus retentissants de la région.
L’instruction judiciaire se poursuit désormais sous une forte pression de l’opinion publique, qui réclame non seulement des réponses, mais également l’établissement de toutes les responsabilités, quelles qu’elles soient.


