Le ministre de l’Éducation nationale, Vijonet Déméro, a annoncé une aide de 15 000 gourdes destinée aux parents vulnérables pour les aider à préparer la rentrée scolaire 2026-2027. Toutefois, plusieurs parents affirment n’avoir encore rien reçu, alors même que la rentrée officielle a eu lieu le 7 septembre 2026.
Le programme «Cash Transfert-Éducation », signé le 18 août 2026 entre le MENFP et le Fonds d’assistance économique et sociale (FAES), prévoit une enveloppe de 2,5 milliards de gourdes pour environ 140 000 parents d’élèves fréquentant des écoles nationales, communautaires, communales et presbytérales situées dans des zones défavorisées. Chaque bénéficiaire ciblé doit recevoir 15 000 gourdes directement sur son téléphone.
Sur le terrain, cependant, le discours officiel se heurte à une réalité bien moins reluisante. Les parents disent attendre toujours cette aide, alors que les portes des écoles sont ouvertes depuis le 7 septembre. Pour des familles déjà étranglées par les frais de scolarité, les uniformes, les fournitures, le transport et autres dépenses de rentrée, cette attente ne relève pas du simple détail administratif. C’est un fardeau supplémentaire qui pèse directement sur leurs épaules.
Le paradoxe est difficile à avaler : l’État annonce 2,5 milliards de gourdes pour soutenir les familles, fixe le montant à 15 000 gourdes par bénéficiaire et communique largement sur cette mesure, mais les parents concernés affirment ne toujours pas voir l’argent arriver.
Le ministre Vijonet Déméro et le FAES doivent être en mesure d’indiquer combien de bénéficiaires ont effectivement reçu leur argent, combien sont encore dans l’attente, combien de transferts ont été effectués et quelles difficultés empêchent d’autres familles d’accéder à cette aide.
Car la réussite d’un programme social ne se mesure pas à l’aune de l’enveloppe budgétaire annoncée, mais principalement au nombre de familles ayant effectivement perçu les fonds promis.
Le MENFP avait présenté cette rentrée comme une étape importante pour le système éducatif. Le 31 juillet, Vijonet Déméro avait confirmé que la rentrée scolaire 2026-2027 aurait lieu le 7 septembre 2026, insistant sur la nécessité d’une année scolaire sûre et inclusive.
Toutefois, pour les parents qui attendent les 15 000 gourdes, les belles déclarations ne remplissent pas les cartables.
« L’argent a été annoncé. Le montant a été fixé. Les parents y ont compté. Aujourd’hui, la question est simple : où sont les 15 000 gourdes ? »
Si les fonds ont effectivement été décaissés et distribués, les autorités doivent publier des chiffres clairs. Si une partie de l’enveloppe est encore disponible, elles doivent en expliquer la raison. Et si des familles éligibles ont été laissées pour compte, il convient d’expliquer comment et pourquoi.
Dans un contexte où chaque gourde compte, 2,5 milliards de gourdes ne peuvent rester qu’un simple chiffre dans le discours officiel.
Les parents sont en droit d’exiger des comptes. Et Vijonet Déméro, en tant que responsable du MENFP, doit apporter des réponses précises sur la situation réelle de cette promesse de 15 000 gourdes.



