Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le journaliste et secrétaire général du RHAJAC, Djovany Michel, exprime un profond découragement face à la situation politique et judiciaire en Haïti. À travers une prise de parole directe et personnelle, il dénonce la persistance de la corruption, l’instrumentalisation présumée de la justice et l’absence de condamnation de hauts responsables publics malgré des années d’accusations et d’enquêtes.
Un cri du cœur face à un système jugé défaillant
Dans son message, Djovany Michel affirme que son découragement ne provient pas d’une faiblesse personnelle, mais d’un constat lucide sur la réalité du pays. Il évoque notamment une « corruption recyclée », une justice instrumentalisée et une population maintenue dans l’impuissance face à un système qui semble se reproduire sans véritable réforme.
Cette déclaration traduit un sentiment largement partagé par une partie de la société civile, qui estime que les efforts de dénonciation et d’investigation ne débouchent pas toujours sur des poursuites judiciaires concrètes.
Arrestations sans condamnations : une justice sous pression
Le journaliste souligne également une pratique souvent dénoncée par les organisations de défense des droits humains : l’arrestation ponctuelle de certains responsables accusés de corruption, suivie d’un silence judiciaire et parfois d’une réintégration dans le système administratif ou politique.
Selon plusieurs observateurs, cette situation reflète les faiblesses structurelles de la justice haïtienne, notamment le manque d’indépendance, les pressions politiques, l’insuffisance de moyens et la lenteur des procédures judiciaires.
Parallèlement, Djovany Michel met en lumière une autre réalité préoccupante : des milliers de citoyens ordinaires restent détenus pendant de longues périodes sans jugement, souvent dans des conditions difficiles, ce qui pose la question de l’égalité devant la loi.
Une dénonciation qui s’inscrit dans un combat de longue date
Depuis plusieurs années, le RHAJAC et d’autres organisations de la société civile mènent des enquêtes et publient des rapports sur les réseaux de corruption, les détournements de fonds publics et les abus administratifs. Cette prise de position s’inscrit donc dans un combat plus large pour la transparence et la reddition de comptes.
Pour ces acteurs, la lutte contre la corruption ne peut être efficace sans une justice indépendante, des institutions fortes et une volonté politique claire de sanctionner les responsables, quel que soit leur rang.
Entre fatigue et détermination
La conclusion du message de Djovany Michel reflète une tension entre fatigue morale et engagement citoyen. Il reconnaît être fatigué face à l’ampleur du problème, mais insiste sur le fait que le silence reviendrait à laisser la corruption triompher.
Cette position met en lumière le rôle des journalistes et des acteurs de la société civile dans la défense de l’intérêt public, malgré les risques, les pressions et les obstacles.
Un appel implicite à la responsabilité collective
Au-delà de la dénonciation, ce message constitue un appel à la vigilance collective. Pour de nombreux observateurs, la lutte contre la corruption ne dépend pas uniquement des institutions, mais aussi de la mobilisation citoyenne, de la transparence médiatique et de la pression de l’opinion publique.
Dans un contexte de crise politique et sécuritaire, la question de la justice et de la gouvernance reste au cœur des préoccupations nationales. Les prises de parole comme celle de Djovany Michel témoignent d’un malaise profond, mais aussi d’une volonté de continuer à défendre les principes de responsabilité, de justice et de transparence.



