L’affaire de l’assassinat de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse est sur le point de franchir une nouvelle étape importante devant la justice fédérale américaine. Dans le cadre du procès de Christian Emmanuel Sanon, qui doit s’ouvrir le 28 septembre 2026 devant la juge fédérale Jacqueline Becerra, les procureurs américains prévoient de faire comparaître 57 témoins.
Parmi les personnes appelées à témoigner figurent plusieurs noms déjà étroitement associés à cette affaire qui continue de hanter Haïti plus de cinq ans après la mort de Jovenel Moïse. Martine Moïse, ancienne Première dame et veuve du président assassiné, figure sur cette liste. Elle avait déjà témoigné lors du précédent procès fédéral à Miami et devrait de nouveau être appelée à la barre dans le cadre de la procédure contre Christian Emmanuel Sanon. Jomarlie Moïse, la fille de l’ancien président, figure également parmi les personnes dont le témoignage est attendu dans ce dossier. Son témoignage avait déjà été évoqué lors des précédentes audiences devant la justice américaine. La présence de membres de la famille présidentielle parmi les témoins confère une dimension particulière à ce nouveau procès, alors que les circonstances exactes de la nuit du 7 juillet 2021 continuent d’être examinées par les tribunaux.
Autre nom important : Joseph Vincent, ancien informateur de la DEA, qui a plaidé coupable dans cette affaire et a été condamné à la prison à vie. Il est désormais appelé à témoigner contre Christian Emmanuel Sanon. Les procureurs américains comptent notamment s’appuyer sur les témoignages de personnes ayant plaidé coupable pour présenter au jury leur version de la préparation du complot. Le nom de John Joël Joseph, ancien sénateur haïtien également connu sous le surnom de « J3 », apparaît aussi dans le dossier américain. Il a plaidé coupable et fait partie des personnes dont le rôle dans les événements entourant l’assassinat a déjà été examiné par la justice américaine.
Cette nouvelle étape survient alors que la justice américaine poursuit ses travaux sur une affaire devenue l’un des dossiers criminels les plus suivis concernant Haïti. Les autorités américaines ont déjà obtenu plusieurs condamnations dans ce dossier. Selon le département de la Justice des États-Unis, plusieurs coaccusés ayant plaidé coupable ont également coopéré avec les autorités, et certains ont témoigné lors du procès précédent.
Le procès de Christian Emmanuel Sanon devrait par ailleurs s’appuyer sur une masse considérable de preuves numériques. Les procureurs ont analysé près de 8 000 gigaoctets de données provenant de plus d’une centaine d’appareils électroniques, tandis que la liste des témoins inclut des enquêteurs ainsi que des personnes directement ou indirectement liées aux événements ayant précédé l’assassinat.
Parallèlement, le dossier connaît un autre développement majeur en Haïti. Joseph Félix Badio et 17 anciens soldats colombiens détenus dans le pays ont été transférés aux États-Unis, selon les autorités américaines citées dans des informations publiées ce 20 septembre 202. Le procureur fédéral du district sud de la Floride a indiqué que 18 personnes avaient été transférées par avion aux États-Unis dans le cadre de cette affaire.
Ces nouveaux développements confèrent au dossier une dimension encore plus internationale. Alors que plusieurs personnes ont déjà été condamnées aux États-Unis, d’autres prévenus doivent encore répondre de leur rôle présumé dans cette affaire. Le procès de Sanon pourrait ainsi permettre aux procureurs de présenter de nouveaux éléments et de revenir sur les différentes étapes ayant conduit à l’assassinat de Jovenel Moïse.
Devant la juge Jacqueline Becerra, les témoignages de Martine Moïse, Jomarlie Moïse, Joseph Vincent et John Joël Joseph — parmi les 57 témoins annoncés — seront particulièrement suivis. Leurs déclarations pourraient contribuer à éclaircir certains aspects du dossier, mais leur portée devra être évaluée à la lumière de l’ensemble des preuves présentées au tribunal.
Plus de cinq ans après le drame de Pilgrim 5, la justice américaine poursuit l’examen du dossier. Cette fois encore, les regards seront tournés vers Miami, où témoignages, documents et preuves numériques devront être confrontés devant un jury.


