Dans un communiqué publié ce vendredi 24 juillet 2026, l’Office national d’assurance-vieillesse (ONA) annonce l’ouverture d’une période de négociation destinée aux débiteurs en retard de paiement. L’institution invite les personnes concernées à prendre contact avec les directions compétentes afin de restructurer leur dette, précisant que cette mesure exceptionnelle restera en vigueur jusqu’au 30 septembre 2026.
Selon la Direction générale, cette démarche vise à permettre aux assurés de régulariser leur situation dans un cadre fondé sur la bonne foi et l’équité, sans devoir passer par des procédures contentieuses.
Cependant, cette initiative intervient dans un contexte où la crédibilité de l’ONA est fortement mise à l’épreuve.
Depuis sa nomination à la tête de l’institution le 24 mars 2026, Lovely François fait l’objet de nombreuses controverses. En avril dernier 2026, le Tribunal de première instance de Port-au-Prince avait adressé des convocations à plusieurs employés de l’ONA dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons d’abus de fonction et de clientélisme au sein de l’institution.
Parallèlement, plusieurs organisations de la société civile ont réclamé sa révocation et saisi l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) afin d’obtenir l’ouverture d’une enquête sur la gestion de l’ONA. Les dénonciations portent notamment sur des contrats jugés opaques, des dépenses considérées comme excessives et l’utilisation présumée de fonds publics à des fins étrangères à la mission de l’institution.
L’un des dossiers les plus commentés concerne une activité organisée à l’occasion de la Fête des Mères, dont le coût aurait dépassé 14 millions de gourdes, selon les plaignants. Jusqu’à présent, ces derniers estiment qu’aucune explication détaillée n’a été rendue publique sur l’utilisation de ces fonds.
Dans ce climat de méfiance, le nouveau communiqué de l’ONA soulève inévitablement des interrogations.
Comment l’ONA peut-elle demander aux cotisants et aux débiteurs de lui renouveler leur confiance alors que sa direction est elle-même visée par des plaintes, des convocations judiciaires et des accusations de corruption qui attendent encore d’être élucidées ?
Et comment convaincre les travailleurs haïtiens de continuer à confier leurs cotisations à une institution dont la gestion fait l’objet de demandes d’enquête, alors que la transparence et la reddition de comptes demeurent au cœur des préoccupations ?
En attendant les conclusions des éventuelles enquêtes des autorités compétentes, ce sont des milliers de cotisants qui observent avec inquiétude l’évolution de ce dossier. Pour beaucoup, la restructuration des dettes constitue certes une opportunité, mais elle ne suffira pas, à elle seule, à restaurer la confiance si toute la lumière n’est pas faite sur les accusations qui pèsent sur l’administration actuelle de l’ONA.


