Ce mercredi 6 mai 2026 — La gestion de l’Office National d’Assurance-Vieillesse (ONA) suscite une vive inquiétude après la révélation de chiffres alarmants concernant des prêts non remboursés. Selon des informations relayées publiquement, plus de 7 milliards de gourdes seraient aujourd’hui en souffrance, dont une part importante issue directement des cotisations des travailleurs haïtiens.
Derrière ces montants vertigineux, c’est toute la crédibilité du système de sécurité sociale qui vacille. Les prêts auraient été accordés en dehors des normes établies, avec des dossiers jugés, pour beaucoup, incomplets ou invalides. Une situation qui soulève des questions graves sur les mécanismes de contrôle interne et sur la responsabilité des dirigeants passés et présents.
Dans le détail, plus de 2,5 milliards de gourdes proviendraient des cotisations des assurés, censées garantir leur retraite. Par ailleurs, des programmes spécifiques comme l’ONAPAM concentreraient à eux seuls plus de 4 milliards de gourdes, tandis que les crédits automobiles auraient franchi la barre des 2 milliards. Autant de chiffres qui illustrent une dérive systémique, loin des standards de gestion attendus pour une institution publique de cette envergure.
Ces irrégularités ne seraient pas nouvelles. Dès 2018, plusieurs rapports de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) avaient déjà pointé du doigt des anomalies au sein de l’ONA. Pourtant, malgré ces alertes répétées, peu de mesures correctives visibles semblent avoir été prises à temps pour éviter l’ampleur actuelle de la crise.
Plus troublant encore, les frais de fonctionnement de l’institution atteindraient près de 60 % des ressources disponibles, un niveau largement au-dessus des normes internationales, généralement fixées autour de 10 %. Une disproportion qui alimente les soupçons de mauvaise gestion, voire de gaspillage des fonds publics.
Face à cette situation, la nouvelle administration évoque la nécessité de réformes. Mais pour de nombreux observateurs, ces annonces arrivent tard, dans un contexte où les dégâts sont déjà considérables. La question centrale demeure : comment une institution chargée de protéger les travailleurs a-t-elle pu devenir un symbole de dérive financière ?
Dans l’opinion publique, la colère monte. Beaucoup dénoncent un système qui semble avoir trahi sa mission première, mettant en danger l’avenir de milliers de cotisants. Au-delà des chiffres, c’est la confiance envers les institutions qui continue de s’éroder.
Si aucune action concrète n’est engagée rapidement, certains craignent que cette crise ne dépasse le cadre administratif pour devenir un véritable problème social, avec des conséquences directes sur des générations de travailleurs haïtiens.



