Au Cap-Haïtien, l’affaire impliquant Emmanuel Lundi, arrêté et victime de violences présumées, prend une dimension politique. Selon des informations relayées par Satellite509, l’ancien sénateur Moïse Jean-Charles utiliserait son influence pour tenter de maintenir Me Eno Zéphirin à son poste de commissaire du gouvernement, malgré l’ordre de révoquer le magistrat émis par le ministre de la Justice, Patrick Pélissier.
Emmanuel Lundi, qui a été violenté, giflé et blessé par le commissaire, devait être libéré sur décision ministérielle. Cependant, selon le média, l’ancien sénateur fait obstruction à cette mesure à travers son représentant, Emmanuel Vertilaire, au sein du Conseil présidentiel, créant une impasse politique et judiciaire autour de l’application de la décision du ministre.
Un changement de juridiction controversé
Le dossier de Me Eno Zéphirin est déjà sensible depuis son installation au tribunal de première instance du Cap-Haïtien le 26 juin 2025. Il avait remplacé Me Charles Édouard Durand, transféré au parquet de Fort-Liberté, un mouvement qui aurait été orchestré sous l’influence de Moïse Jean-Charles. Depuis son arrivée, Me Zéphirin fait face à plusieurs critiques concernant sa gestion des dossiers et ses interventions parfois violentes.
L’affaire Lundi, en particulier, a attiré l’attention de la population et des organisations de défense des droits humains. La vidéo largement partagée montre que l’individu avait été maîtrisé par les agents du commissaire avant d’être frappé, soulevant de nombreuses questions sur l’abus de pouvoir et la protection des droits fondamentaux.
Des implications politiques et judiciaires
Cette situation met en lumière la tension entre le pouvoir judiciaire et les pressions politiques dans la région. Les tentatives d’influence pour maintenir un magistrat en poste malgré des actes répréhensibles sont perçues par la société civile comme une atteinte à l’État de droit et au principe selon lequel nul n’est au-dessus de la loi.
Le ministre de la Justice, Patrick Pélissier, est confronté à un dilemme : faire respecter ses décisions tout en résistant aux pressions politiques qui cherchent à protéger Me Zéphirin. Pour de nombreux observateurs, l’issue de cette affaire pourrait constituer un test pour la crédibilité et l’indépendance de la justice en Haïti.
Un signal fort attendu
La société civile et les citoyens du Cap-Haïtien surveillent de près la suite de l’affaire. La libération d’Emmanuel Lundi et la révocation éventuelle de Me Zéphirin seraient perçues comme un signal fort que la justice peut se tenir à ses règles, malgré les tentatives d’influence politique. À l’inverse, tout blocage prolongé risquerait d’alimenter le sentiment d’impunité et de fragiliser davantage la confiance dans les institutions judiciaires.



