La présidente du groupe parlementaire La France insoumise (LFI), Mathilde Panot, a lancé ce matin un appel solennel au chef de l’État. Elle demande l’expulsion immédiate de l’ambassadeur d’Israël en France, en invoquant des violations graves du droit international et des atteintes directes aux ressortissants français.
Un geste politique fort
« Je demande solennellement au président de la République de procéder à l’expulsion de l’ambassadeur de l’État d’Israël en France, comme l’ont déjà fait le président de la Colombie et d’autres pays », a déclaré la députée insoumise.
Pour Mathilde Panot, il est « inacceptable d’avoir sur notre territoire un représentant d’un État qui commet un génocide et qui, par trois fois, a kidnappé de manière illégale des citoyens français ».
L’affaire de la flottille interceptée
Dans son intervention, la députée a aussi pointé un épisode récent qui a ravivé les tensions diplomatiques : l’interception par l’armée israélienne d’une flottille humanitaire se dirigeant vers Gaza, à bord de laquelle se trouvaient plusieurs militants internationaux, dont des Français.
Cet événement a été perçu, dans certains milieux politiques et associatifs en France, comme une atteinte directe à la liberté de circulation et un affront à la souveraineté des États concernés.
Un contexte international explosif
La prise de position de Mathilde Panot intervient alors que la guerre à Gaza continue de susciter des réactions contrastées au sein de la communauté internationale. Plusieurs pays d’Amérique latine, comme la Colombie et la Bolivie, ont déjà rompu ou suspendu leurs relations diplomatiques avec Israël, dénonçant des crimes de guerre et parlant ouvertement de « génocide ».
En Europe, en revanche, les gouvernements restent pour la plupart alignés sur une ligne plus prudente, condamnant la violence tout en réaffirmant leur soutien au droit d’Israël à se défendre. La demande de Panot tranche donc par sa radicalité et met la majorité présidentielle face à un dilemme diplomatique.
Des réactions politiques attendues
Si l’appel de Mathilde Panot fait écho à la sensibilité d’une partie de l’opinion publique française, notamment dans les milieux militants et associatifs solidaires de la cause palestinienne, il risque aussi de déclencher de vives polémiques.
La droite et le centre devraient dénoncer une instrumentalisation politique d’un conflit extérieur, tandis que la gauche radicale y verra un geste de cohérence avec ses engagements historiques.
Reste à savoir quelle sera la réponse de l’Élysée. Une expulsion d’ambassadeur, acte diplomatique rare et lourd de conséquences, serait perçue comme une rupture majeure dans les relations franco-israéliennes.



