Port-au-Prince,04 juillet 2025 —
Dans une déclaration choc rendue publique ce vendredi, le Réseau national des journalistes anti-corruption (RHAJAC) annonce qu’il envisage de porter plainte contre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et la compagnie Sunrise Airways, dirigée par l’homme d’affaires Philippe Bayard. Les accusations sont graves : corruption, trafic d’influence, connivence avec des groupes armés, et enrichissement personnel en contexte de crise sécuritaire.
À travers une note de presse transmise à la rédaction, l’organisation dénonce ce qu’elle considère comme un système de prédation organisé, impliquant des acteurs publics et privés qui exploitent la souffrance des citoyens haïtiens pour faire des profits.
✈ Un contrat suspect au cœur des accusations
Selon le RHAJAC, Philippe Bayard, propriétaire de la compagnie aérienne Sunrise Airways, doit à l’État haïtien plus de 5 millions de dollars US en taxes sur les billets d’avion — un montant jamais réglé. Malgré cette dette fiscale majeure, le Premier ministre aurait récemment signé un contrat public de 11 millions de dollars, visant à garantir les opérations de Sunrise.
Ce contrat, affirme le RHAJAC, a été signé sans appel d’offres, sans contrôle citoyen ni négociation de tarifs, dans un contexte où les prix des billets continuent de grimper.
« C’est une entente silencieuse entre deux puissants qui, au lieu de servir l’intérêt général, organisent l’exploitation économique d’un peuple en détresse », déclare Djovani Michel, secrétaire général du RHAJAC.
La guerre des gangs : un levier de profit ?
Mais au-delà de la transaction économique, l’organisation dénonce une stratégie encore plus cynique : l’instrumentalisation de la violence pour générer des bénéfices privés.
Selon le RHAJAC, le Premier ministre Fils-Aimé aurait sciemment évité l’usage de technologies militaires, comme les drones explosifs, contre les groupes armés, permettant ainsi à certains chefs de gang de continuer à terroriser la population dans l’impunité.
« Il protège ceux qui tuent nos enfants, puis incite les familles à fuir par avion, avec une compagnie qu’il soutient financièrement. Ce n’est plus de l’indifférence, c’est de la complicité active », affirme la note.
Une population prise au piège
Dans cette équation macabre, les premières victimes restent les citoyens. Ceux-ci sont à la fois harcelés par l’insécurité, abandonnés par l’État, et contraints de payer des sommes exorbitantes pour fuir — souvent à bord des appareils de Sunrise Airways, l’un des rares transporteurs aériens encore actifs sur le territoire national.
« Ces vols ne sont plus des moyens de transport, mais des issues de secours vendues à prix d’or à des gens désespérés », déplore le RHAJAC.
Quelle issue possible ?
Le RHAJAC demande aux autorités judiciaires nationales d’ouvrir une enquête immédiate sur le contrat passé entre l’État haïtien et Sunrise Airways. L’organisation appelle également la communauté internationale, les organismes de lutte contre la corruption, et les défenseurs des droits humains, à surveiller de près les actes du gouvernement haïtien dans ce dossier.
« Il est temps que le peuple haïtien sache qui profite vraiment de sa souffrance. Nous ne resterons pas silencieux pendant que certains transforment notre insécurité en source de richesse », conclut Djovani Michel.
Pour en savoir plus
- Organisation : RHAJAC – Réseau national des journalistes anti-corruption
- Secrétaire général : Djovani Michel
- Site officiel : www.rhajac.org
- Contact presse : +509 34 56 48 48



