Dans une note de presse publiée ce vendredi 26 décembre, le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) tire la sonnette d’alarme face à ce qu’il considère comme une tentative de légalisation de l’impunité. L’organisation appelle les institutions judiciaires, la société civile et les barreaux à agir sans délai pour préserver l’État de droit.
Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) a rendu publique, ce vendredi 26 décembre, une note de presse au ton ferme et sans équivoque. L’organisation y exprime sa profonde inquiétude face à un décret qu’elle juge attentatoire aux principes fondamentaux de la justice et de la reddition de comptes en Haïti.
Dans ce document, le RHAJAC appelle explicitement les barreaux, les organisations de la société civile ainsi que les structures citoyennes à saisir immédiatement la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA). L’objectif est clair : contester la légalité et la constitutionnalité d’un texte qui, selon le réseau, risque d’ouvrir la voie à l’impunité au sommet de l’État.
Au-delà de cette démarche institutionnelle, l’organisation exhorte également le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince à agir sans délai. Le RHAJAC demande la prise de mesures conservatoires, notamment des interdictions de départ à l’encontre des conseillers-présidents et des hauts responsables concernés, avant le 7 février 2026. Une telle décision permettrait, selon le réseau, d’éviter toute fuite éventuelle et de garantir que toute la lumière soit faite sur la gestion du Conseil présidentiel.
La note interpelle aussi solennellement le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), invité à rompre son silence. Pour le RHAJAC, l’inaction de cette institution face à un texte jugé dangereux pour l’indépendance de la justice ne ferait qu’aggraver la crise de confiance déjà profonde entre les citoyens et l’appareil judiciaire.
« Toute transition qui s’achève dans l’impunité prépare les crises de demain », avertit le réseau, rappelant que l’histoire récente d’Haïti démontre comment l’absence de sanctions alimente la corruption systémique, l’effondrement institutionnel et la perte totale de confiance populaire.
En tant que réseau de journalistes engagés dans la lutte contre la corruption, le RHAJAC réaffirme sa détermination à enquêter, documenter et dénoncer toute tentative de détournement de la justice ou de confiscation de l’État au profit d’intérêts particuliers. Pour l’organisation, la lutte anticorruption ne saurait faire l’objet de compromis politiques : la justice ne se négocie pas et ne se décrète pas au service du pouvoir.
Signée par Djovany Michel, secrétaire général du RHAJAC, cette note de presse se veut un appel à la responsabilité collective, à un moment où l’avenir institutionnel du pays demeure fragile et étroitement lié à la capacité des autorités à rompre avec les pratiques du passé.


