Le paysage politique haïtien, déjà marqué par une instabilité chronique, est de nouveau secoué par une série de conflits internes, dont l’un des plus notables oppose Charles St. Rémy, mieux connu sous le pseudonyme de “Kiko”, et Moïse Jean-Charles, le leader du parti politique “Pitit Dessalines”. Ce dernier, fervent défenseur de l’héritage de Jean-Jacques Dessalines, semble se retrouver au cœur d’une lutte de pouvoir impliquant non seulement des personnalités politiques, mais aussi des acteurs économiques influents. Parmi les enjeux de cette lutte, l’exploitation du commerce des anguilles (ou “Zangi”) émerge comme un sujet central. Ce marché, bien que discret, revêt une importance cruciale pour ceux qui détiennent le pouvoir sur cette ressource précieuse.
Kiko, un acteur clé dans ce secteur, exerce une influence notable. En effet, derrière les politiques de certains anciens présidents comme Michel Martelly (qui a occupé le pouvoir pendant cinq ans), Jocelerme Privert (2 ans), et Jovenel Moïse (5 ans), Kiko est souvent perçu comme une figure invisible mais omniprésente, tirant les ficelles derrière les portes closes. Il aurait, selon certains observateurs, une mainmise sur des secteurs stratégiques de l’économie, notamment celui des anguilles, qui génère des profits considérables.
Le Commerce des Anguilles en Haïti : Entre Richesse et Controverse
Le commerce des anguilles en Haïti, bien que relativement discret, est devenu un marché extrêmement lucratif. Ce secteur, aussi appelé “Zangi” ou “civelles”, est encadré par des régulations strictes, mais ces règles ne semblent pas toujours être appliquées de manière rigoureuse. Le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) déclare que l’exploitation des anguilles est soumise à des restrictions, notamment une période de pêche définie de septembre à mars, avec des quotas saisonniers attribués aux détenteurs de licences.
Toutefois, malgré ces régulations, le marché des anguilles reste largement contrôlé par un petit cercle de personnes influentes. En 2018, pour structurer ce marché florissant, des entrepreneurs du secteur ont formé l’Association Nationale pour la Protection des Ressources Aquatiques (ANAPRA). Ce regroupement, qui a commencé avec seulement huit membres, a rapidement grandi et regroupe aujourd’hui une vingtaine de personnes. Parmi les membres notables de l’association figurent des noms comme Charles St. Rémy (Kiko), Betty Lamy, Fritz Richardson, et bien d’autres, qui détiennent des licences délivrées par l’État, leur permettant de profiter de cette ressource marine.
Cette activité, bien qu’elle génère des revenus considérables pour ceux qui y participent, soulève des questions concernant sa durabilité. En effet, l’exploitation des anguilles est régulée pour prévenir leur extinction, mais ces mesures ne semblent pas toujours suffisantes pour garantir que cette ressource soit protégée pour les générations futures. Les autorités compétentes, comme le MARNDR, sont censées superviser cette exploitation, mais leur capacité à contrôler le secteur reste limitée. Cela crée une situation où, bien que le commerce des anguilles enrichisse un certain nombre de personnes influentes, le peuple haïtien, dans son ensemble, semble être le grand perdant de ce système.
Kiko, Moïse Jean-Charles et le Conflit Politique
Le conflit entre Charles St. Rémy (Kiko) et Moïse Jean-Charles trouve un terreau fertile dans la lutte pour le contrôle de ces ressources lucratives, mais aussi dans les ambitions politiques de ces deux figures. Moïse Jean-Charles, à travers son mouvement Pitit Dessalines, cherche à contester l’influence de ceux qu’il considère comme des acteurs corrompus qui profitent de la situation politique et économique du pays. Kiko, quant à lui, semble jouer un rôle clé dans cette dynamique, en contrôlant des secteurs cruciaux pour la survie économique et politique du pays.
Dans ce contexte, l’affaire des anguilles devient un enjeu majeur. Alors que le commerce des anguilles continue de créer de nouvelles fortunes pour ceux qui en maîtrisent les rouages, des questions éthiques se posent sur l’impact de cette activité sur les générations futures et sur l’économie haïtienne dans son ensemble. Le gouvernement, malgré ses efforts pour réguler ce marché, semble être pris dans un jeu complexe où la politique, l’économie et la corruption se mêlent.
En 2024, la situation semble de plus en plus tendue entre Moïse Jean-Charles et Charles St. Rémy (Kiko), et l’issue de ce conflit pourrait avoir des répercussions profondes sur la politique et l’économie du pays. Le commerce des anguilles, bien que porteur de richesses pour une minorité, soulève des préoccupations majeures concernant sa durabilité et ses effets sur l’ensemble de la population haïtienne. Dans cette guerre silencieuse pour le contrôle de ressources vitales, le peuple haïtien se trouve pris entre les intérêts de quelques-uns et les promesses de ceux qui aspirent à un changement profond et durable.
En parlant de la dynamique politique en Haïti et du commerce des anguilles, vous pourriez être intéressé par quelques ressources qui enrichissent ce sujet. Par exemple, découvrez le rôle historique de Jean-Jacques Dessalines en consultant cet article sur Jean-Jacques Dessalines. De plus, pour mieux comprendre les enjeux économiques liés à la pêche dans la région, jetez un œil à l’article sur la pêche. Enfin, n’oubliez pas de vous informer sur la biodiversité marine et son importance pour l’économie haïtienne en visitant la biodiversité marine. Ces articles vous fourniront un contexte enrichissant sur les enjeux discutés dans notre analyse.