L’armée israélienne a annoncé ce samedi qu’elle poursuivait ses opérations militaires dans la bande de Gaza, en dépit des appels insistants du président américain Donald Trump et de plusieurs familles d’otages réclamant un arrêt immédiat des bombardements. Ces appels interviennent alors que le Hamas a déclaré être prêt à entamer des négociations directes pour la libération de tous les captifs israéliens, dans le cadre d’un plan de paix proposé par Washington.
Le Hamas se dit prêt à libérer les otages « sans conditions »
Vendredi, le mouvement islamiste palestinien Hamas a fait savoir qu’il était disposé à ouvrir immédiatement des discussions en vue de la libération des otages israéliens toujours détenus à Gaza, en échange d’une suspension des opérations militaires et d’un cessez-le-feu global.
Cette déclaration, saluée par certains observateurs comme un signe d’ouverture rare, intervient alors que la guerre fait rage depuis bientôt deux ans, laissant derrière elle des dizaines de milliers de morts et un territoire en ruines.
« Nous sommes prêts à négocier immédiatement pour libérer tous les captifs et mettre fin à cette guerre », a indiqué un porte-parole du Hamas dans un communiqué diffusé depuis Doha.
Trump appelle Israël à “arrêter immédiatement” les bombardements
Réagissant dans la soirée, l’ancien président américain Donald Trump — redevenu une figure influente sur la scène internationale — a exhorté Israël à « cesser immédiatement les bombardements sur Gaza », estimant qu’un arrêt des frappes serait la seule voie pour permettre la libération rapide et sûre des otages.
« Il est temps d’agir intelligemment et humainement. Israël doit suspendre les bombardements pour sauver ses propres citoyens », a déclaré M. Trump dans un message posté sur son réseau Truth Social.
Une prise de position qui a provoqué de vives réactions au sein du gouvernement israélien. Certains ministres ont dénoncé « une pression étrangère inacceptable » sur les opérations militaires, tandis que d’autres, au contraire, ont reconnu la nécessité d’« écouter la voix des familles ».
L’armée israélienne maintient sa ligne dure
Malgré ces appels, les forces israéliennes ont confirmé la poursuite de leurs offensives. Dans un communiqué publié ce samedi, le porte-parole de l’armée a assuré que les opérations visaient « des cibles stratégiques du Hamas », notamment des infrastructures souterraines et des centres logistiques à Khan Younès et Rafah.
« Nos forces continueront d’agir jusqu’à la destruction totale des capacités militaires du Hamas », a indiqué le communiqué.
Sur le terrain, les bombardements se sont poursuivis tout au long de la nuit, provoquant de nouvelles vagues de déplacés vers le nord de la bande de Gaza. Des hôpitaux déjà saturés signalent des pénuries critiques de médicaments et de carburant, aggravant la crise humanitaire.
Les familles d’otages entre espoir et colère
À Tel-Aviv et à Jérusalem, plusieurs familles d’otages ont manifesté vendredi soir devant la Knesset et la résidence du Premier ministre, réclamant un cessez-le-feu immédiat pour permettre la reprise des négociations.
« Nous ne pouvons pas sauver nos proches sous les bombes. Chaque minute compte », a déclaré Yael Ben-Haroun, dont le frère est détenu depuis dix mois à Gaza.
Ces familles disent se sentir abandonnées par le gouvernement israélien, accusé de privilégier la poursuite de la guerre à la vie de ses propres citoyens.
Un tournant diplomatique incertain
L’appel de Donald Trump et la réaction du Hamas ouvrent une nouvelle fenêtre diplomatique, mais la méfiance reste profonde. Tandis que Washington tente de relancer des pourparlers indirects, le gouvernement israélien semble déterminé à poursuivre sa stratégie militaire jusqu’à obtenir une reddition complète du Hamas.
Sur le plan international, plusieurs chancelleries européennes ont salué la « disponibilité au dialogue » du Hamas tout en appelant Israël à respecter le droit humanitaire. Le secrétaire général de l’ONU, de son côté, a rappelé que « la vie des otages et des civils palestiniens doit primer sur toute considération politique ».



