Depuis l’accession d’Alix Didier Fils-Aimé à la Primature, une inquiétude sourde traverse la société haïtienne. Comme une épée de Damoclès suspendue au-dessus d’un pays déjà meurtri, une série de menaces lourdes semble désormais peser sur l’avenir national. Pour de nombreux observateurs, ce pouvoir n’annonce ni redressement ni apaisement, mais plutôt l’aggravation de crises déjà insoutenables.
Première malédiction : la faim qui progresse
La faim, déjà endémique, risque de devenir totale . Les marchés sont instables, les prix flambent, les familles réduisent leurs repas. L’absence de politiques sociales crédibles laisse craindre une aggravation dramatique de l’insécurité alimentaire, notamment dans les quartiers populaires et les zones rurales abandonnées.
Deuxième malédiction : l’asphyxie des employés de l’État
Les fonctionnaires, piliers silencieux de l’administration, se retrouvent pris au piège d’un État exsangue. Retards chroniques de salaires, incertitudes budgétaires, démotivation généralisée : l’État semble incapable d’honorer ses engagements les plus élémentaires envers ceux qui le servent.
Troisième malédiction : l’explosion de l’insécurité
L’insécurité n’est plus une menace, mais un quotidien. Les crimes se multiplient, les gangs étendent leur emprise, et la population vit sous la peur permanente. L’absence d’une stratégie claire et efficace alimente le sentiment que le pouvoir observe, impuissant — ou indifférent — l’effondrement de l’ordre public.
Quatrième malédiction : la capture de la parole publique
De nombreuses voix dénoncent l’utilisation de ressources publiques pour acheter le silence ou la complaisance. Presse influente, relais politiques, réseaux diplomatiques : l’image d’un pouvoir qui investit davantage dans sa survie médiatique que dans le bien-être collectif alimente une profonde colère morale.
Cinquième malédiction : la diplomatie contre la souveraineté
Le soutien affiché de certains acteurs internationaux suscite une méfiance croissante. En Haïti, l’histoire a appris une leçon amère : lorsque la communauté internationale soutient aveuglément un dirigeant, ce soutien ne profite que rarement au peuple. Il sert souvent à préserver des équilibres extérieurs, au détriment des priorités nationales.
Sixième malédiction : le chantage aux sanctions
L’idée que des pressions ou menaces de sanctions puissent être brandies pour maintenir un Premier ministre contesté choque profondément. Si cette logique prévaut, c’est toute la nation haïtienne qui en paiera le prix, économiquement, socialement et moralement.
Septième malédiction : la marchandisation du pays
Le soupçon le plus grave demeure : celui d’un pouvoir prêt à sacrifier l’intérêt national pour se maintenir. Quand un État semble négociable, quand la souveraineté devient une monnaie d’échange politique, c’est l’âme même de la nation qui est mise en péril.
Un sursaut nécessaire
Haïti n’est pas à vendre. Le peuple haïtien n’est pas une variable d’ajustement diplomatique. Face à cette trajectoire inquiétante, l’histoire appelle à un réveil citoyen : organisation pacifique, exigence de transparence, pression morale, mobilisation intellectuelle et populaire.
Être patriote aujourd’hui, ce n’est pas détruire, mais refuser la résignation. C’est rappeler que gouverner sans le peuple, contre le peuple, et pour des intérêts extérieurs n’a jamais apporté la stabilité à Haïti — seulement des cycles répétés d’échec.
Car une chose est certaine : si ce pouvoir persiste sans rupture, c’est toute la nation qui risque d’en payer le prix.



