Depuis sa mise en place en avril 2024, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) en Haïti, composé de neuf membres, est censé superviser la période de transition politique du pays. Cependant, près d’un an après son installation, le CPT est accusé de gaspiller des fonds publics sans résultats tangibles, exacerbant ainsi la crise économique et sociale qui frappe Haïti.
Le Conseil Présidentiel de Transition accusé de fardeau financier pour Haïti
Une structure coûteuse et inefficace
Le CPT, officiellement constitué en mai 2024, a pour mission de maintenir la stabilité institutionnelle et de préparer les conditions nécessaires pour l’organisation d’élections libres et transparentes. Cependant, selon un éditorial du Le Courrier de la Nation, des révélations ont mis en lumière des chiffres alarmants concernant les salaires et les avantages des membres du CPT. Par exemple, le conseiller Smith Augustin a déclaré un salaire mensuel de 220 000 gourdes, avec des frais de fonctionnement et de résidence atteignant respectivement un tiers de son salaire et 400 000 gourdes. (Le Conseil Presidentiel de Transition – La Presidence, CPT : ces chiffres qui dérangent ! – Le Courrier de la Nation)
Ces dépenses sont d’autant plus choquantes dans un pays où près de la moitié de la population souffre d’insécurité alimentaire aiguë. Le Mouvement Point Final (MPF) a dénoncé le CPT comme un poids financier insupportable pour Haïti, soulignant que les coûts associés surpassent ceux de l’ancien président Jovenel Moïse . (CPT : ces chiffres qui dérangent ! – Le Courrier de la Nation, Le Conseil Présidentiel de Transition accusé de fardeau financier pour Haïti – kominotek)
Des accusations de corruption
Des allégations de corruption ont également été portées contre certains membres du CPT. En octobre 2024, l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a publié un rapport indexant Emmanuel Vertilaire, Louis Gérald Gilles et Smith Augustin pour avoir tenté de retirer 100 millions de gourdes de Raoul Pascal Pierre-Louis pour le reconduire au poste de Président du Conseil d’administration de la Banque Nationale de Crédit (BNC) . (Le démantèlement du Conseil présidentiel de transition (CPT) en Haïti est demandé, Emmanuel Vertilaire)
Bien que les enquêteurs de l’ULCC aient écarté les allégations de réclamation de cette somme, ces accusations ont terni l’image du CPT, renforçant les critiques de corruption systémique. (Emmanuel Vertilaire)
Un bilan désastreux
Malgré des salaires élevés et des avantages conséquents, le CPT est accusé de n’avoir produit aucun résultat tangible depuis sa mise en place. Selon un article d’Hebdo24, plus de trois mois après son installation, le CPT n’a toujours pas fait valoir son importance, et la situation du pays reste inchangée, voire a empiré. (Conseil présidentiel de la transition : neuf membres, zéro résultat depuis trois mois – Hebdo24)
Des groupes politiques tels que le MPF et des personnalités comme Magalie Comeau-Denis ont appelé au démantèlement du CPT, le qualifiant de fardeau financier et de déstabilisateur politique pour Haïti. (Le Conseil Présidentiel de Transition accusé de fardeau financier pour Haïti – kominotek)
Le Conseil Présidentiel de Transition, censé être un pilier pour sortir Haïti de la crise, semble plutôt aggraver la situation en gaspillant des fonds publics et en étant accusé de corruption. Dans un pays où les besoins sont immenses et les ressources limitées, il est impératif que des mesures soient prises pour assurer une gestion transparente et responsable des fonds publics. La dissolution ou la réforme profonde du CPT pourrait être une étape nécessaire pour restaurer la confiance de la population et amorcer une véritable transition politique en Haiti.



