Port-au-Prince, le 19 juin 2025 – par [Amoureux de la sagesse]
Dans un climat déjà fragilisé par l’instabilité institutionnelle et l’insécurité galopante, la récente alerte lancée par le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) vient jeter une lumière crue sur les pressions exercées dans les coulisses du marché public de restauration destiné aux agents de la Police nationale d’Haïti (PNH).
Selon les révélations du RHAJAC, c’est la société Délices à la carte, dirigée par Bélanger Guetty L. (NIU #1155969565), qui serait au cœur d’un nouveau scandale mêlant influence politique, clientélisme et manœuvres de lobbying peu orthodoxes. Cette entreprise, jadis adjudicataire du contrat de restauration pour les policiers haïtiens, aurait perdu sa place suite à plusieurs dénonciations concernant des irrégularités majeures dans l’exécution du contrat.
Des repas pour les policiers, mais à quel prix ?
Des sources internes à la PNH et au sein de la société civile confirment que de nombreuses plaintes ont été formulées au cours de l’année écoulée contre Délices à la carte. Parmi elles : des repas insuffisants, une qualité de service dégradée, et des retards fréquents dans la distribution. « Certains jours, nos collègues partaient en mission sans avoir mangé. Ce n’est pas seulement une question de logistique, c’est une question de dignité », confie un agent de police sous couvert d’anonymat.
Mais au-delà de la piètre qualité du service, ce sont des soupçons de détournement de fonds et de non-respect des clauses contractuelles qui ont poussé les autorités à retirer le contrat à la société en question. Une décision qui, dans un contexte normal, aurait dû mettre un point final à l’affaire.
Tentatives d’influence et instrumentalisation des droits humains
Pourtant, à peine le contrat perdu, le RHAJAC affirme que Bélanger Guetty L. aurait lancé une campagne souterraine pour tenter de récupérer son marché. « Des pressions sont exercées à plusieurs niveaux. Certaines associations de défense des droits humains, souvent mal informées ou délibérément instrumentalisées, sont sollicitées pour faire pression sur les autorités en faveur de cette entreprise », déplore Djovany Michel, secrétaire général du RHAJAC.
Le réseau journalistique met en garde contre ce qu’il qualifie de « tentative désespérée de manipulation », qui ne vise qu’à contourner les processus légaux d’attribution des contrats publics, au détriment de la transparence et de l’intérêt général.
Un appel à la vigilance et à l’action
Le RHAJAC exhorte le ministre de la Justice, Patrick Pélissier, à agir sans délai pour signer les nouveaux contrats conformes à la loi, et à les transmettre au Conseil national des marchés publics (CNMP). Il rappelle que le temps presse : « Il ne reste que trois mois avant l’expiration du contrat actuel. Il est crucial que tout soit fait dans le respect strict des procédures. »
Par ailleurs, l’organisation appelle de ses vœux un appel d’offres rigoureux, équitable et transparent pour l’exercice 2025-2026, afin de garantir que les fournisseurs retenus répondent réellement aux besoins de la PNH et respectent les règles du jeu.
Au cœur de la sécurité, le respect des policiers
Au-delà des chiffres, des contrats et des procédures, c’est une réalité humaine que ce dossier met en lumière : celle des agents de la PNH, souvent exposés en première ligne face à l’insécurité, mais négligés dans leurs conditions de vie les plus élémentaires.
« On ne peut pas demander à des policiers de risquer leur vie chaque jour, et en même temps, les priver d’un repas chaud et décent. Le respect commence par des gestes concrets », souligne un membre du RHAJAC.
Ce rappel résonne comme un avertissement, à un moment où la société haïtienne tente péniblement de reconstruire des institutions plus solides, plus justes, et surtout, plus résistantes à la corruption.
Djovany Michel, Secretaire général du RHAJAC
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