Selon les révélations et alertes du journaliste d’enquête Djovany Michel
Le trafic d’organes humains en Haïti n’est plus une simple rumeur ni une peur alimentée par l’insécurité chronique. Il s’agit désormais d’un phénomène alarmant, documenté par des témoignages concordants et dénoncé publiquement par le journaliste d’enquête Djovany Michel, dont les investigations mettent en lumière une réalité que l’État peine, ou refuse, d’affronter.
Depuis plusieurs mois, les disparitions se multiplient dans plusieurs régions du pays. Des jeunes sont signalés portés disparus, avant d’être retrouvés assassinés dans des circonstances particulièrement troublantes. Dans certains cas, des indices laissent supposer des prélèvements d’organes, des faits d’une extrême gravité qui suggèrent l’existence de réseaux criminels organisés, structurés et opérant avec une inquiétante régularité.
Selon Djovany Michel, ces crimes ne se limitent pas à la capitale. Port-au-Prince, Hinche et plusieurs zones frontalières seraient concernés, sans que les autorités n’annoncent d’enquêtes sérieuses ni de dispositifs d’intervention visibles. Cette répétition des faits, combinée à l’absence de communication officielle, installe une peur profonde au sein de la population, déjà fragilisée par la violence des gangs armés.
Malgré les dénonciations publiques, y compris celles de responsables au sommet de l’État, la réponse institutionnelle demeure largement insuffisante. L’État haïtien a reconnu l’existence de crimes mafieux, mais cette reconnaissance reste essentiellement verbale. Aucune opération d’envergure, aucun réseau démantelé, aucune poursuite judiciaire crédible n’a été portée à la connaissance du public.
Pour le journaliste enquêteur Djovany Michel, ce silence équivaut à une forme de renoncement. « Dénoncer sans agir, c’est laisser faire », alerte-t-il, soulignant que le trafic d’organes ne peut prospérer sans complicités locales, relais financiers et connexions internationales. Un tel crime suppose des moyens logistiques, médicaux et humains qui dépassent largement le cadre de la criminalité ordinaire.
La question devient alors inévitable : comment un commerce aussi structuré peut-il exister sans protections au sein même des institutions ? Comment expliquer que des corps mutilés soient retrouvés sans qu’aucune procédure judiciaire sérieuse ne soit engagée ? Pour de nombreux observateurs, l’impunité alimente la répétition du crime et banalise l’horreur.
Dans cette économie de la mort, ce sont les plus pauvres qui paient le prix fort. Des citoyens sans défense deviennent des marchandises, pendant que d’autres, à l’étranger ou dans des cercles privilégiés, continuent de vivre grâce à l’argent et à la demande. Une réalité qui heurte la conscience collective et pose la question de la valeur accordée à la vie humaine en Haïti.
Face à cette situation, l’interpellation de Djovany Michel est sans équivoque : si la justice haïtienne demeure incapable ou refuse d’agir, qui protégera les citoyens ? Qui rendra justice aux victimes et à leurs familles ? Laisser perdurer ce silence revient à accepter l’inacceptable.
Le trafic d’organes n’est pas seulement un crime contre des individus. C’est un crime contre la nation entière. Et tant que l’État se contentera de dénoncer sans agir, l’horreur continuera de prospérer dans l’ombre.


