Malgré le cessez-le-feu officiellement entré en vigueur le 10 octobre 2025, la bande de Gaza continue d’être frappée par des bombardements israéliens. Sur le terrain, la population civile, déjà épuisée par des mois de guerre, vit dans une insécurité persistante, tandis que l’hiver vient aggraver des conditions humanitaires jugées critiques par les organisations d’aide.
Dans plusieurs zones de l’enclave palestinienne, des explosions sont encore signalées de manière régulière. Les habitants, qui espéraient un répit après l’annonce du cessez-le-feu, parlent d’un calme fragile, souvent rompu sans avertissement. « On ne sait jamais quand la prochaine frappe va tomber », confie un père de famille réfugié dans une école partiellement détruite. « Le cessez-le-feu existe sur le papier, mais pas dans notre quotidien. »
La situation humanitaire reste alarmante. Des centaines de milliers de personnes vivent toujours déplacées, entassées dans des abris de fortune, des bâtiments endommagés ou des camps improvisés. L’accès à l’eau potable, à la nourriture et aux soins médicaux demeure extrêmement limité. Les hôpitaux, déjà affaiblis par les combats, fonctionnent au ralenti, faute d’électricité, de médicaments et de personnel.
L’arrivée de l’hiver a accentué la détresse. Les pluies, le froid et l’humidité transforment les camps de déplacés en zones insalubres. De nombreuses familles manquent de couvertures, de vêtements chauds et de moyens de chauffage. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement exposés aux maladies respiratoires, dans un contexte où le système de santé peine à répondre aux besoins les plus élémentaires.
Les organisations humanitaires alertent sur une situation « intenable ». Elles soulignent que le cessez-le-feu, sans mécanisme de protection efficace pour les civils et sans accès humanitaire sécurisé, ne suffit pas à soulager la souffrance de la population. « La survie quotidienne est devenue le principal combat des habitants de Gaza », résume un travailleur humanitaire présent sur place.
Sur le plan politique, les violations répétées du cessez-le-feu alimentent la méfiance et fragilisent toute perspective de désescalade durable. Pour les civils, ces considérations diplomatiques semblent lointaines. Leur préoccupation immédiate reste de passer la nuit en sécurité, de se nourrir et de protéger leurs enfants du froid.
À Gaza, le silence des armes, promis en octobre, n’a jamais réellement pris racine. Entre frappes sporadiques et crise humanitaire aggravée par l’hiver, la population continue de vivre dans l’attente d’une paix qui tarde à se traduire en actes concrets.



