Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué officiel publié ce dimanche, l’organisation dénonce une série d’intimidations orchestrées contre ses membres par des confrères de la presse, manipulés selon elle par un réseau criminel transnational.
La déclaration survient quelques semaines après les révélations du RHAJAC mettant en cause plusieurs personnalités influentes : Betty Lamy, Fritz Richardson Junior et Walson Sanon. Ces noms, selon les accusations portées par l’organisation, seraient liés à des activités criminelles telles que la contrebande, le trafic d’organes humains et le blanchiment d’argent. Le réseau mafieux opèrerait sous couvert d’un commerce d’anguilles – une façade d’apparence légale qui masquerait des pratiques d’une extrême gravité.
Mais alors que le RHAJAC croyait avoir franchi une étape vers une transparence salutaire, c’est un revers inattendu qui se manifeste : une campagne de diffamation et d’intimidation lancée non pas uniquement par les cibles habituelles des dénonciations, mais par certains membres du paysage médiatique eux-mêmes. Des journalistes – Dieudonné St-Cyr, Renald Petit-Frère et Robest Dimanche – sont pointés du doigt par le RHAJAC comme relais involontaires ou volontaires d’intérêts criminels.
« Ce que nous vivons est symptomatique d’une corruption systémique. Le plus inquiétant, c’est qu’aujourd’hui, ceux qui devraient être les boucliers de la vérité deviennent parfois les armes du mensonge », déclare Djovany Michel, secrétaire général du réseau.
Une menace croissante contre le journalisme indépendant
Haïti est depuis longtemps un terrain miné pour le journalisme d’investigation. Menaces physiques, pressions politiques, cyberharcèlement, censure économique : les obstacles sont nombreux, constants, et parfois fatals. Pourtant, ce qui trouble le plus les membres du RHAJAC dans cette récente vague d’agressions, c’est le visage familier des assaillants.
« Être attaqués par ceux avec qui nous avons autrefois partagé des salles de rédaction ou des manifestations pour la liberté de la presse, voilà ce qui nous alerte sur l’ampleur de l’infiltration de la corruption », confie un membre du réseau.
Le communiqué, tout en restant mesuré, exprime une profonde déception face à ce qu’il qualifie de « trahison professionnelle ». Le RHAJAC dit refuser de céder à la spirale de la confrontation directe, appelant au contraire les journalistes concernés à un sursaut de conscience et à une réévaluation de leurs responsabilités.
Une lutte de longue haleine
Depuis sa création, le RHAJAC s’est donné pour mission de documenter et dénoncer les formes les plus sophistiquées de corruption dans le pays. Leur travail s’appuie sur des enquêtes approfondies, des partenariats avec des médias internationaux, et un engagement quotidien malgré les risques.
« Nous ne sommes ni parfaits, ni intouchables, mais nous avons une ligne éthique que nous refusons de franchir. Et cette ligne, c’est celle de la vérité », conclut Djovany Michel.
Pour le RHAJAC, la récente crise de confiance au sein même du corps journalistique haïtien n’est pas un motif d’abandon. Au contraire, elle vient confirmer l’ampleur du combat à mener.
À l’heure où le silence est acheté et la vérité menacée, les journalistes honnêtes doivent plus que ne jamais se serrer les coudes.
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