Dans un contexte national de plus en plus marqué par la violence, la désinformation et l’impunité, le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) dénonce avec fermeté une dérive inquiétante : la manipulation de certains professionnels de la presse par des acteurs criminels, dont les ramifications touchent jusqu’au trafic d’organes et le blanchiment d’argent.
Selon le RHAJAC, des journalistes se seraient récemment laissés instrumentaliser par Moïse Jean — un proche de Vitelhomme Innocent, figure tristement célèbre et présumé chef d’un réseau criminel opérant dans la capitale. Dans une déclaration rendue publique ce mardi, le secrétaire général du réseau, Djovany Michel, a mis en cause la note publiée par le Collectif des médias en ligne (CMEL), signée notamment par Reynald Petit-Frère, Dieudonné St-Cyr et Robest Dimanche. Cette note, selon le RHAJAC, aurait pour but de redorer l’image de Moïse Jean, en pleine tourmente judiciaire.
Une toile d’influence et de compromission
Le nom de Betty Lamy est cité avec insistance. Présentée comme l’une des principales figures de cette opération de désinformation, elle est accusée d’avoir tenté de soudoyer plusieurs journalistes afin de décrédibiliser ceux qui dénoncent les trafics illicites opérés sous couvert d’activités économiques légales.
Selon les informations fournies par le RHAJAC, Betty Lamy, aux côtés de Fritz Richardson Junior — tous deux récemment écartés de l’Association nationale pour la protection des ressources aquatiques (ANAPRA) — seraient au cœur d’un réseau de trafic d’organes, de contrebande et de blanchiment d’argent. Ces activités criminelles seraient dissimulées derrière une prétendue filière commerciale d’exportation d’anguilles, une couverture que plusieurs rapports officiels et d’organisations internationales commencent à remettre en question.
Un silence gênant malgré les preuves
« Nos plaintes ont été déposées formellement auprès du cabinet d’instruction, en date du 1er juillet 2025 », a précisé le RHAJAC, qui a agi de concert avec le Bloc des avocats engagés pour la libération des prisonniers politiques et pour la défense des droits humains. Ces démarches visent à enclencher un processus judiciaire dans un environnement où les institutions restent souvent paralysées par la peur, l’intimidation ou la complicité silencieuse.
Le RHAJAC s’appuie également sur les déclarations de plusieurs personnalités publiques, dont les conseillers-présidents Leslie Voltaire et Fritz Alphonse Jean, qui ont confirmé l’existence d’activités criminelles sous-jacentes à certains circuits commerciaux dits « écologiques ». Par ailleurs, des rapports d’experts des Nations Unies en Haïti soulignent que le commerce d’anguilles est parfois utilisé comme un canal pour le blanchiment de fonds issus du trafic de cocaïne.
Appel à la responsabilité et à la solidarité journalistique
Face à la gravité de la situation, le RHAJAC lance un appel solennel à l’ensemble des journalistes du pays :
« Nous demandons à tous ceux qui ont été approchés ou impliqués dans cette affaire de faire preuve de lucidité et de courage. La mission du journalisme ne peut être achetée. Elle repose sur l’éthique, la vérité et la protection du bien commun. »
Le RHAJAC réclame par ailleurs l’ouverture d’une enquête internationale indépendante sur le trafic d’organes en Haïti, estimant que ce fléau dépasse les capacités actuelles des institutions locales, affaiblies par des années de crise et de corruption.
Une lueur d’espoir
Dans un pays où la parole des journalistes reste l’un des derniers remparts contre la dérive autoritaire et mafieuse, ces dénonciations font écho à un désir profond de changement. Mais cette lutte pour la vérité n’est pas sans risque. Plusieurs membres du RHAJAC affirment recevoir des menaces, tandis que d’autres vivent désormais sous protection.
Plus qu’un cri d’alerte, la déclaration du RHAJAC est un appel à la conscience collective. La société haïtienne, ses institutions et ses partenaires internationaux sont appelés à sortir du silence et à se joindre à la lutte contre un mal qui ronge le pays à visage découvert.
Djovany Michel
Secrétaire général du Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC)
📌 Site officiel : www.rhajac.org
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