Un nouveau rebondissement secoue le monde politico-administratif haïtien. Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) a publié ce samedi une note de presse dans laquelle il met en cause Richardson Séraphin, journaliste et ancien responsable de communication de l’OAVCT (Office d’assurance véhicules contre tiers), l’accusant d’avoir instrumentalisé un dossier administratif pour servir, selon le RHAJAC, des intérêts liés à des réseaux de trafic d’organes et de drogue.
Un dossier de chèques détournés à l’origine de la controverse
L’affaire débute avec la tentative de vol de chèques appartenant à trois employés de l’OAVCT : Silner Altidor, Gay Vladimir et Richardson Séraphin lui-même. Le RHAJAC affirme que ses interventions ont permis aux autorités de bloquer le compte du fraudeur à la Banque nationale de crédit (BNC), de réimprimer les chèques et de les remettre à leurs véritables bénéficiaires.
Pourtant, dans sa note, l’organisation indique que Richardson Séraphin a refusé de récupérer son propre chèque, alors que celui-ci est disponible depuis plusieurs semaines. Un refus que le réseau juge « suspect » et qu’il interprète comme une tentative de manipulation politique et personnelle.
« Ce refus n’est pas anodin », souligne la note. « Il s’inscrit dans une stratégie de vengeance liée à son retour à la Primature, et dans une tentative malhonnête d’associer notre secrétaire général au directeur de l’OAVCT, pour discréditer le RHAJAC. »
Des liens présumés avec des réseaux criminels
Le RHAJAC avance que cette démarche profiterait à des figures controversées, Betty Lamy et Walson Sanon, décrites comme des individus « tristement connus » pour leur implication présumée dans des réseaux de trafic de drogue et d’organes humains, opérant sous la couverture du commerce d’anguilles.
Ces noms sont régulièrement mentionnés dans des dossiers de corruption et de contrebande, sans qu’aucune enquête judiciaire n’ait encore abouti à des poursuites formelles.
Le réseau de journalistes, connu pour ses enquêtes sur la corruption et le crime organisé, affirme que ces acteurs chercheraient à manipuler certaines figures médiatiques afin d’affaiblir les organisations qui dénoncent leurs activités.
« Nous appelons Richardson Séraphin à ne pas se laisser guider par ses intérêts ou son esprit de vengeance, ni se laisser utiliser par des réseaux criminels cherchant à attaquer le RHAJAC et à protéger les parrains de la corruption et du crime organisé », peut-on lire dans la note signée par Djovany Michel, Fanfan Jean Louis et Guyno Duverné.
Le RHAJAC réclame la poursuite de l’enquête
L’organisation réaffirme sa confiance dans la justice haïtienne, notamment dans le travail du juge d’instruction Paul Éronce Villard, chargé du dossier.
Elle dit suivre de près l’évolution de l’affaire et espère que toutes les personnes impliquées — quelle que soit leur position politique — seront poursuivies et jugées selon la loi.
« Le RHAJAC restera fidèle à sa mission : exposer la vérité, défendre l’intégrité et combattre l’impunité », conclut la note, tout en dénonçant les tentatives d’intimidation et de désinformation visant ses membres.
Un climat de méfiance et de manipulations politiques
Cette affaire met en lumière la fragilité du système administratif haïtien, où les rivalités internes, les règlements de comptes et les manipulations politiques se superposent souvent aux véritables enjeux de gouvernance.
Dans un contexte de crise de confiance généralisée, le dossier OAVCT pourrait devenir un symbole de la lutte entre transparence et corruption — un combat dans lequel les journalistes, souvent exposés, jouent un rôle essentiel mais périlleux.
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