Delmas, un quartier clé de la capitale haïtienne, traverse une crise silencieuse mais profondément inquiétante. Depuis plusieurs mois, la situation sécuritaire dans la zone de Delmas 30 s’aggrave, alors que des bandes armées, liées à des coalitions criminelles telles que “Viv Ansanm”, prennent le contrôle de secteurs entiers. Ce qui était autrefois une zone résidentielle paisible est désormais un territoire où la peur et l’insécurité dictent la vie quotidienne des habitants. La présence de ces groupes armés, souvent invisibles mais omniprésents, transforme Delmas 30 en une zone de non-droit, où les lois et l’autorité de l’État sont pratiquement absentes.
La menace grandissante des gangs : Viv Ansanm et l’occupation de Delmas 30
Le groupe “Viv Ansanm”, une coalition criminelle qui mêle plusieurs factions armées, semble avoir établi une emprise de plus en plus forte sur ce territoire. Ces gangs n’ont pas seulement pour objectif de contrôler le marché de la drogue, mais aussi de s’emparer des ressources locales, d’intimider les populations et d’imposer leur autorité par la violence. Les habitants, dans une situation d’impuissance totale, subissent chaque jour les exactions de ces groupes : enlèvements, extorsions, et assassinats sont devenus monnaie courante. La police nationale (PNH) semble être totalement absente de cette zone, incapables de restaurer l’ordre ou de protéger les citoyens.
Le silence des autorités, notamment celui de la Direction Générale de la Police Nationale (DGPNH), est particulièrement inquiétant. Cette inaction apparente suscite des questions : pourquoi n’y a-t-il pas de réponse plus robuste et immédiate face à une crise sécuritaire d’une telle ampleur ? Les habitants, eux, vivent dans une angoisse quotidienne, et les témoins de ces crimes sont souvent trop terrifiés pour porter plainte. La situation ne fait qu’empirer de jour en jour.
La mission du Conseil Présidentiel et de la Primature : un échec retentissant
Face à cette situation de crise, le gouvernement haïtien avait mis en place une mission spéciale dirigée par le Conseil Présidentiel, avec la collaboration de la Primature, censée apporter des solutions et un soutien à la police. Cependant, il est clair que cette mission n’a pas eu l’impact escompté. Plutôt que de mettre fin à la montée en puissance des gangs, elle a échoué à créer des changements tangibles sur le terrain. Les membres de la mission, bien que chargés d’une responsabilité de taille, semblent avoir pris la question à la légère, ne parvenant pas à mobiliser les ressources nécessaires pour combattre efficacement la criminalité organisée.
En réalité, la mission du Conseil Présidentiel et de la Primature n’a fait que prolonger l’illusion d’une gestion de la sécurité, sans parvenir à traiter le fond du problème. Les gangs sont plus forts que jamais, et la population, désemparée, se retrouve face à un manque criant de leadership. Dans ce contexte, la mission du CPT conseil présidentiel de transition) semble s’être soldée par un échec. Aucun plan stratégique n’a été mis en place pour restaurer la paix et l’ordre public, laissant ainsi la voie libre à la criminalité organisée.
La nécessité de céder la place : Le temps d’un nouveau leadership
Face à cet échec retentissant, il devient de plus en plus évident que les acteurs en place – tant au niveau de la Primature que du Conseil Présidentiel – doivent céder leur place à de nouvelles forces. L’inefficacité de la mission actuelle a démontré la nécessité urgente de repenser l’approche de la sécurité nationale. De nouveaux visages, des stratégies plus adaptées et une volonté politique ferme de combattre les gangs sont indispensables pour sortir Haïti de cette impasse.
Le manque de cohérence dans les actions gouvernementales et l’incapacité des autorités à s’attaquer à la racine du problème (la pauvreté, le manque d’éducation, le chômage de masse) rendent toute solution durable presque impossible sous les conditions actuelles. La population haïtienne a besoin de leaders capables de prendre des décisions audacieuses, de mobiliser la communauté internationale pour obtenir de l’aide, et surtout, de redonner espoir aux citoyens.
Quel avenir pour Delmas 30 et Haïti ?
L’avenir de Delmas 30, et plus généralement de nombreuses zones du pays, reste incertain tant que les autorités haïtiennes continueront à ignorer la réalité de la violence qui gangrène le pays. Tant que les gangs auront le contrôle de quartiers entiers et que les forces de sécurité continueront à se laisser intimider, la situation ne pourra qu’empirer. Les habitants de ces zones, déjà pris en étau entre le manque de services de base et la violence, n’ont plus d’autre choix que de vivre dans la peur.
Il est donc plus que jamais nécessaire que l’État haïtien se dote d’un plan de sécurité réel et de mesures concrètes pour rétablir la paix et la stabilité dans le pays. Les autorités doivent prendre conscience que leur inaction a des conséquences désastreuses sur l’avenir de la nation. Pour qu’Haïti puisse espérer se reconstruire, il est impératif que de nouveaux leaders prennent les rênes et redonnent au pays une chance de se relever. Sinon, c’est un avenir de chaos et d’insécurité qui se profile pour les générations futures.