Dans une lettre poignante adressée à son père, l’ex-Premier ministre Gary Conille a brisé son silence, dévoilant une réalité bien plus sombre que celle qu’imaginent la majorité des Haïtiens. Conille, qui a dirigé le pays dans une période particulièrement troublée, a partagé les défis immenses auxquels il a dû faire face lors de son passage à la tête de la primature. Selon lui, le système politique d’Haïti est profondément gangrené par la corruption, la pauvreté et l’influence des groupes criminels. Son témoignage reflète un pays dans lequel la politique est marquée par la malversation et où les dirigeants sont manipulés par des intérêts étrangers et des forces internes destructrices.
Des Obstacles Insurmontables et la Corruption Endémique
Gary Conille raconte dans sa lettre que, pendant son mandat, il a dû affronter de nombreux obstacles, souvent insurmontables. Il décrit un environnement politique où il était entouré d’opportunistes, d’apatrides, et de gangsters. Le système était tellement corrompu qu’il a failli y perdre la vie à plusieurs reprises. Il raconte comment il a été victime de nombreuses malédictions et de complots de la part des bandes armées. Conille a même évoqué un moment où il a été mis en contact direct avec ces groupes, un témoignage inquiétant qui révèle la violence et la fragilité de l’État haïtien à ce moment-là.
L’Inaction de la Communauté Internationale et la Complicité des Forces de l’Ordre
Un autre aspect de la lettre concerne les promesses non tenues de la communauté internationale. Malgré les engagements pris, l’aide promise n’a jamais été concrétisée. Conille dénonce également le rôle de la police nationale d’Haïti (PNH), où, selon lui, plus de la moitié des membres seraient liés aux gangs armés. Cette situation met en lumière l’incapacité de l’État à garantir la sécurité des citoyens et à contrôler ses propres forces de sécurité.
Conille déplore aussi la complaisance des élites économiques haïtiennes, qui, selon lui, n’ont aucun intérêt à investir dans le pays. Au lieu de chercher à développer l’économie, ces élites se contentent de profiter des ressources du peuple, sans vision pour un avenir durable. Selon l’ex-PM, même au sein du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), l’argent sale et les intérêts personnels priment sur les besoins du pays. Les membres de ce conseil, selon lui, sont manipulés par la bourgeoisie haïtienne, et l’un d’entre eux a même demandé des postes diplomatiques pour ses concubines, une révélation choquante qui illustre l’ampleur du népotisme et de la corruption dans le gouvernement.
La Lutte pour Sauver l’État
Malgré ces nombreux obstacles, Gary Conille a continué à se battre pour ne pas livrer l’État à des responsables politiques avides de pouvoir et de ressources. Dans sa lettre, il souligne que les partis politiques traditionnels cherchaient à prendre le contrôle des institutions clés, telles que la douane, l’ONA, l’OAVCT et la DGI, afin de financer leurs propres partis et remplir leurs poches au détriment du bien-être de la population. Il a également dénoncé les tentatives de certains membres du gouvernement de détourner l’argent destiné à l’assainissement et aux travaux publics. Le pays, selon lui, est sous le joug d’une classe politique qui pense uniquement à ses intérêts personnels, au lieu de servir le peuple haïtien.
L’Influence Étrangère et la Triste Réalité de la Politique Haïtienne
Conille évoque aussi l’influence de la République dominicaine, affirmant que des espions dominicains sont infiltrés dans le gouvernement haïtien. Cela montre à quel point la politique haïtienne est manipulée par des forces extérieures, ce qui complique encore la tâche de ceux qui souhaitent réellement changer les choses. L’ex-Premier ministre déclare qu’il était dans une position où il n’avait d’autre choix que de lutter pour maintenir une certaine souveraineté et défendre l’intégrité de l’État haïtien face à cette pression étrangère.
La Nécessité d’un Changement Profond
Enfin, Gary Conille conclut sa lettre en insistant sur le fait qu’Haïti ne pourra jamais avancer sans un soutien massif de la communauté internationale et un changement radical de sa classe politique. Selon lui, il est impératif de marginaliser ou d’éliminer la classe politique traditionnelle, pour faire place à une nouvelle génération de leaders patriotes, compétents et prêts à se sacrifier pour le pays. Conille affirme que la situation actuelle ne peut pas perdurer et que l’avenir d’Haïti dépend d’une révolution politique et d’une véritable prise en main de la part d’une classe dirigeante renouvelée.
Gary Conille, à travers cette lettre bouleversante, dévoile une face cachée de la politique haïtienne, marquée par la corruption, la violence, l’influence des gangs et l’incapacité de l’État à protéger ses citoyens. Son témoignage témoigne d’une époque où il a dû se battre contre des forces internes et externes qui entravaient son action pour le bien du pays. Il appelle à un renouvellement de la classe politique et à une réforme profonde du système pour espérer offrir un avenir meilleur aux générations futures.
En parlant de la réalité politique en Haïti, vous pourriez être intéressé par l’article sur la corruption en Haïti, qui explore les enjeux persistants et les conséquences de ce fléau dans le pays. De plus, pour mieux comprendre le contexte historique, n’hésitez pas à consulter l’article sur l’histoire d’Haïti, qui retrace les événements marquants qui ont façonné la nation. Enfin, si vous souhaitez en savoir plus sur les défis contemporains des systèmes politiques en général, l’article sur les systèmes politiques pourrait vous fournir des perspectives intéressantes sur l’évolution des gouvernements à travers le monde.