Ce samedi 15 février, un événement peu commun a secoué la commune de Borgne : une baleine en état de décomposition avancé s’est échouée sur la plage de Bak, attirant une foule de curieux et suscitant un débat national. Alors que les images de l’animal se sont rapidement propagées sur les réseaux sociaux, une question brûlante demeure : où sont les autorités compétentes ?
Un ministre de la Santé aux abonnés absents
Haïti traverse des crises multiples, mais cela ne signifie pas que les autorités doivent abandonner leurs responsabilités les plus élémentaires. Que fait le ministre de la Santé ? Il est payé pour un travail, il a une mission à accomplir : protéger la population. Et pourtant, face à une menace sanitaire potentielle, son silence est assourdissant.
L’inaction des autorités face à cet incident est préoccupante à plusieurs égards :
- Une menace sanitaire immédiate : La consommation de viande d’un animal échoué, en état de décomposition avancée, présente des risques majeurs pour la santé publique. Il est inadmissible que les habitants de Borgne aient pu découper et consommer cette viande sans qu’aucune mise en garde officielle ne soit émise. Où sont les alertes sanitaires ? Où sont les interventions des services vétérinaires et de contrôle des aliments ?
- L’absence d’expertise scientifique : À ce jour, aucune analyse officielle n’a été réalisée pour identifier l’espèce exacte de l’animal et les causes de sa mort. Si cette baleine a succombé à une maladie ou à une contamination toxique, cela pourrait avoir de graves conséquences pour la population qui consomme sa chair.
- Une gestion environnementale catastrophique : En plus du danger sanitaire, un cadavre de cétacé en décomposition représente une menace écologique, notamment par la prolifération de bactéries et de gaz toxiques. Pourquoi n’y a-t-il aucun plan d’urgence pour gérer ce type de situation ?
Un problème de gouvernance, pas de moyens
Certains diront que le pays fait face à des défis sécuritaires, économiques et politiques plus pressants. Mais avoir des urgences ne signifie pas ignorer les autres responsabilités gouvernementales.
Ce n’est pas une question de moyens, mais de gouvernance. Un simple communiqué du ministère de la Santé aurait suffi pour prévenir les populations des risques. Une intervention des autorités locales pour éloigner les curieux et coordonner un plan de traitement de la carcasse aurait été le strict minimum.
En Haïti, trop souvent, l’inaction des dirigeants est justifiée par des excuses sans fondement. Mais un ministre, un fonctionnaire de l’État, ne peut pas se cacher derrière l’instabilité du pays pour ne pas faire son travail.
Jusqu’à quand cette incompétence ?
La situation de Borgne est un exemple parmi tant d’autres de l’incapacité de l’État haïtien à gérer les affaires publiques les plus basiques. L’absence totale de réaction officielle illustre à quel point nos dirigeants ont abandonné leurs responsabilités.
Si aujourd’hui une population peut tranquillement consommer la chair d’un animal en putréfaction sans la moindre alerte, qu’en sera-t-il demain face à un problème sanitaire plus grave ? Faudra-t-il attendre une épidémie pour que le gouvernement daigne réagir ?
Il est temps d’exiger des comptes et des actions concrètes. Un ministre de la Santé n’est pas payé pour faire de la figuration. Qu’il prenne ses responsabilités, ou qu’il cède sa place à quelqu’un de compétent.