Par Amoureux de la Sagesse
Le 28 août 2020, Haïti perdait l’un de ses plus éminents défenseurs de l’État de droit : Me Monferrier Dorval, Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Port-au-Prince. Quasi quatre ans plus tard, l’ombre de son assassinat plane toujours, et la justice semble avoir été engloutie par l’impunité.
Un Meurtre Qui Résonne
Me Dorval a été abattu devant sa résidence à Pèlerin 5, à Pétion-Ville, dans la soirée du 28 août 2020. Selon la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), plusieurs individus ont été identifiés comme auteurs de ce crime odieux. Malgré ces identifications, les avancées judiciaires demeurent quasi inexistantes.
Une Enquête Enlisée
Quatre ans après le drame, l’enquête piétine. Quatre juges d’instruction se sont succédé sans parvenir à une conclusion. Le juge Marthel Jean-Claude, en charge du dossier, s’est retiré en décembre 2023, invoquant un manque de moyens sécuritaires. Cette décision a exacerbé le sentiment d’abandon ressenti par la famille de la victime et la société civile.
Les Obstacles à la Vérité
Des incidents tels que le vol du coffre-fort du greffe du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, contenant des documents liés à l’affaire, ont entravé le déroulement de l’enquête . Ces actes soulignent la vulnérabilité du système judiciaire haïtien face aux forces de l’ordre et à l’influence des groupes armés.
L’Appel à la Justice
Des organisations telles qu’Avocats sans frontières Canada (ASFC) et le Collectif d’avocat.e.s spécialisé.e.s en litige stratégique de droits humains (CALSDH) ont dénoncé l’inaction des autorités haïtiennes et ont appelé à la formation d’une commission d’enquête internationale pour faire la lumière sur ce crime .(asfcanada.ca)
Un Combat pour l’État de Droit
L’assassinat de Me Dorval n’est pas un cas isolé. Il s’inscrit dans un contexte où l’impunité gangrène les institutions et où les citoyens, notamment les défenseurs des droits humains, sont exposés à des risques accrus. La lenteur et l’inefficacité de la justice alimentent un climat de désespoir et de méfiance envers les institutions.
Quatre ans après l’assassinat de Me Monferrier Dorval, la quête de justice demeure inachevée. La société haïtienne attend des actes concrets pour restaurer la confiance dans ses institutions et garantir que de tels crimes ne restent pas impunis. L’État haïtien doit démontrer sa volonté de lutter contre l’impunité et de protéger ses citoyens, afin que la mémoire de Me Dorval ne soit pas ternie par l’oubli.


