Selon des informations rapportées par le journaliste Djovany Michel et confirmées par différentes sources diplomatiques, une séquence sensible pourrait être en cours autour du dossier de l’assassinat du président Jovenel Moïse, un dossier déjà explosif depuis plus de trois ans.
Le 4 décembre, le conseiller-président Laurent Saint-Cyr a officiellement reçu la lettre de créance de la nouvelle ambassadrice de Colombie en Haïti, Mme Vilma Rocío Velásquez Uribe.
Un geste diplomatique, en apparence formel, mais qui soulève plusieurs interrogations dans les milieux diplomatiques et politiques de Port-au-Prince.
Un agenda diplomatique qui dépasse une simple cérémonie
Selon des sources diplomatiques jugées crédibles, cette accréditation pourrait s’inscrire dans une stratégie plus large visant la libération des mercenaires colombiens incarcérés en Haïti, accusés d’avoir participé à l’opération qui a coûté la vie au président Moïse.
Ces sources évoquent une possible négociation : la libération des ressortissants colombiens en échange d’un soutien politique international permettant au conseiller-président Laurent Saint-Cyr de rester au pouvoir au-delà du 7 février 2026, date censée marquer la fin de sa mission transitoire.
Aucune autorité officielle, ni haïtienne ni colombienne, n’a confirmé ces allégations. Mais leur simple circulation montre à quel point les relations bilatérales autour de cette affaire demeurent délicates.
Une ambassadrice nouvell mais pas inconnue du pays
Si Mme Velásquez Uribe ne compte que deux ans d’expérience diplomatique, elle connaît pourtant Haïti depuis longtemps.
Présente dans le pays depuis plus de quinze ans en tant que commerçante, elle a tissé des liens solides avec plusieurs acteurs influents du secteur privé.
Cette proximité, notent certains observateurs, pourrait lui offrir un accès privilégié aux réseaux économiques et politiques capables d’influer sur les décisions de l’État.
D’autres y voient un risque : celui d’une diplomatie qui devienne un terrain d’entente entre élites locales et partenaires étrangers, au détriment de la transparence et de la souveraineté nationale.
Des négociations discrètes en coulisses ?
Selon les informations recueillies par Djovany Michel, l’ambassadrice serait aujourd’hui engagée dans une série de consultations et de négociations informelles avec plusieurs représentants étrangers basés à Port-au-Prince.
Parmi eux, des ambassadeurs ou chargés d’affaires réputés particulièrement influents, dont les positions, dans l’ombre, pèsent parfois plus lourd que celles des institutions haïtiennes fragilisées.
Ces acteurs diplomatiques — souvent décrits comme les véritables architectes des décisions politiques en Haïti — chercheraient, selon ces sources, à trouver une issue “mutuellement acceptable” pour le dossier des Colombiens, tout en maintenant un certain équilibre dans la gouvernance de la transition.
Une nation sous pression, entre ingérences et crise interne
Le peuple haïtien, déjà éprouvé par les violences des gangs et l’effondrement de l’État, observe ces tractations sans jamais y être réellement associé.
Beaucoup y voient l’expression d’une réalité brutale : un pays où les grandes décisions semblent se prendre en dehors de la volonté populaire, dans des cercles fermés mêlant diplomates, puissances étrangères et acteurs économiques locaux.
Certains analystes craignent que les négociations annoncées — si elles s’avèrent réelles — ne renforcent un système déjà marqué par la dépendance, l’absence de transparence et la marginalisation des institutions démocratiques.
Un dossier qui pourrait redéfinir les équilibres du pouvoir
Le dossier de l’assassinat de Jovenel Moïse n’a jamais été un simple débat judiciaire.
Il conditionne des équilibres diplomatiques, des ambitions politiques et des intérêts géopolitiques qui dépassent largement Haïti.
La possible implication de nouveaux acteurs diplomatiques, combinée aux ambitions supposées de prolongation du mandat de Laurent Saint-Cyr, pourrait remodeler la transition actuelle — ou au contraire la fragiliser davantage.
Une chose est certaine :
ce dossier ne fait que commencer à révéler ses ramifications.
Dossier à suivre…



