Le secteur aérien haïtien se retrouve une nouvelle fois au centre d’une vive polémique. Des accusations relayées sur les réseaux sociaux et dans certains espaces médiatiques visent la compagnie Sunrise Airways ainsi que son dirigeant Philippe Bayard, dans un contexte où l’effondrement progressif des institutions nationales continue d’alimenter la suspicion au sein de l’opinion publique.
Ces publications accusent notamment la compagnie d’exercer une influence excessive sur le transport aérien national depuis la détérioration de la situation sécuritaire en Haïti et la réduction des opérations de plusieurs compagnies étrangères à partir de novembre 2024.
Au cœur des critiques figure également l’Office National de l’Aviation Civile, institution chargée de réguler et de superviser l’aviation civile en Haïti selon les normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).
Certains observateurs dénoncent un manque de transparence dans la gouvernance du secteur aérien, estimant que l’affaiblissement de l’État a progressivement laissé place à des intérêts économiques capables d’exercer une influence croissante sur des secteurs stratégiques du pays.
Dans un climat marqué par l’insécurité chronique, la fermeture intermittente des aéroports et les difficultés de déplacement entre plusieurs régions du pays, le transport aérien est devenu un enjeu vital autant pour l’économie que pour la circulation des citoyens.
Pour de nombreux Haïtiens, la crise actuelle symbolise surtout l’incapacité persistante des autorités à restaurer un véritable cadre de régulation crédible et indépendant. Pendant que les groupes armés étendent leur influence dans plusieurs zones du territoire, une partie de la population estime que les grandes décisions économiques échappent progressivement au contrôle réel des institutions publiques.
Aucune preuve officielle n’a toutefois été rendue publique à ce jour pour confirmer les accusations de corruption ou de collusion criminelle relayées dans certaines publications visant Sunrise Airways ou ses dirigeants.
Mais cette nouvelle controverse illustre une fois de plus le profond climat de défiance qui s’installe dans le pays, où chaque secteur stratégique — transport, énergie, commerce ou télécommunications — se retrouve désormais exposé aux soupçons, aux tensions politiques et aux fractures provoquées par l’effondrement prolongé de l’État haïtien.



